29.04.2009

Quand les gros s'envoient en l'air...

 
"C'est un rubens
C'est une hippopodame
Avec un D
Comme dans marshmallow
Et si j'en pince
Pour c't'hippopodame
C'est qu'avec elle j'ai des prix de gros"
GAINSBOURG (danseuse gitane) - Hippopodame
 
 
Il y a quelques jours, une grande penseuse comtemporaine a déclamé qu'il fallait tuer les gros, que c'était écologiquement profitable à la planète.
Je subodore une certaine ironie mâtinée de second degré, même si je n'en suis pas encore sur (je suis simplet, parfois)
 
En l'occurence, je n'ai jamais vraiment réfléchi à la question donc je ne peux pas dire que je suis farouchement contre. Ceci dit, je ne suis pas obèse donc forcément moins concerné.
 
Par contre, il y a des gens qui se sentent vraiment concernés par le bien être de ces personnes, ce sont les décideurs des compagnies aériennes. Les derniers en date, ce sont ceux de Ryan Air. Après un sondage tout en légèreté et bienséance, il parait que plus de la moitié des passagers sont d'accord pour faire payer deux sièges aux personnes en surpoids. Bon, le point positif, c'est déjà que plus de la moitié des gens ne se considère pas comme obèse.
 
Tiens, au passage, dans ce même sondage, il était proposé de faire payer une taxe à ceux qui mangeait dans l'avion.... des denrées non-achetées dans l'avion ! Le comble de la mesquinerie. Tu paies une taxe si tu n'achètes rien, ils sont forts, non ? 
Dans la même série, il est proposé de faire payer le papier-toilette aux usagers. Comme c'est délicat ! Et une question qu'il doivent se poser s'il ont assez de jugeotte mercantile, c'est "fait-on payer le PQ plus cher à un obèse" ? Oui, parce que soyons réalistes, le don en engrais naturel d'un obèse adipeux est généralement plus conséquent que celui d'une mannequin anorexique. Surtout si elle se fait vomir avant. D'ou une utilisation supérieure de papier toilettes. Je ne vois donc qu'une seule solution financièrement acceptable : faire payer à la feuille. Et bien sur, tu paies une taxe si tu utilises du papier toilette à toi ou des kleenex. 
Je sens que la madame pipi de chez RyanAir va avoir un drôle de boulot...
 
Mais revenons au coeur du sujet :
Les obèses devront payer 2 places dans un avion.
 
Naturellement, c'est la fibre humaniste qui vibre en premier : Mais c'est quoi cette discrimination honteuse ?
 
Ces personnes, êtres humains à part entière, qui ont déjà une vie assez difficile au quotidien, devraient en plus se serrer la ceinture (oups...) en vacances sous prétexte que le voyage leur coûte le double ?
Mais c'est scandaleux !
 
Ces personnes, qui doivent déjà faire face a des dépenses superflues dans leur quotidien (habits sur mesure, déodorants par cartons de 50, produits diétético-charlatan hors de prix) devraient encore se priver de voyage à cause de leur surpoids ?
Mais c'est scandaleux !
 
Pourtant, tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ! (...mais pas sur la balance). Et comme on ne fait pas payer demi-tarif aux nains, aux culs-de-jattes, aux anorexiques, alors pourquoi sur-taxer les gros ?
Mais c'est scandaleux !
 
Oui. Scandaleux.
Sauf que...
 
Avez-vous déjà voyagé en avion à côté d'une personne réellement obèse ?
 
Même si au fond c'est souvent elle qui est psychologiquement la plus gênée, il s'avère que cette personne empiète inévitablement sur l'espace déjà restreint que vous avez payé à la sueur de votre front (ou de votre nombril, chacun son gagne pain). Qu'il est de même très pénible de manger ou juste de bouger car on a toujours au moins un bras coincé entre les bourrelets 8 et 9 de son voisin.
Que si vous même n'êtes ni anorexique ni originaire du Darfour, c'est presque impossible de s'installer côte à côte.
Que de plus, un obèse, ça transpire et un obèse, ça ronfle fort. Bref, bonjour le bruit et l'odeur... (Quoi, aurais-je osé dire que le bruit et l'odeur ne sont pas l'apanage des populations africaines ? shame on me !!!)
 
Et puis, sacrebleu, en ces temps de crise, on a le droit d'être mesquin : que ce soit la mannequin anorexique qui voyage avec une vanity gonflée aux hormones, que ce soit la pin-up glamour qui doit voyager avec ses 130 paires de pompes ou encore moi-même qui suis obligé de transporter les cartons du courrier de mes groupies, c'est tout de même rageant de devoir payer des centaines d'euros pour des excédents de bagages tandis que le pachyderme bipède qui voyage juste avec un slip de 3.5 kg et des tongs ne se vois pas imposer de surcoût. Pourtant, la somme voyageur + bagage est bien en sa défaveur !
 
Et puisque le monde doit être vert ou ne doit pas être (oui, c'est la nouvelle règle, la dictature écologique), notons tout de même que l'obèse engendre une surconsommation de kérosène et donc une augmentation du rejet de CO2 dans l'atmosphère.
Oui, si nous allons tous bientôt mourir dans d'atroces souffrances sur une planète exsangue, c'est à cause des obèses !
 
... Bon, j'arrête là mes divagations fachisantes sinon vous allez finir par me croire...
J'en arrive donc à ce que je voulais dire : Sur Air France par exemple, les sièges sont faits pour des personnes faisant moins de 135 cm de tour de taille en classe éco, 165 cm en classe affaire et 185 cm en first class. Les personnes de forte corpulence ont donc la possibilité de prendre un siège en classe supérieure. Sauf que généralement ces places coutent plus chères que 2 places éco ! D'ailleurs, la décision de RyanAir, déjà prises par certaines compagnies américaines, n'est pas possible en France où la législation interdit d'obliger une personne à acheter 2 billets.
On peut par contre l'obliger à attendre un vol moins complet pour partir... Air France étant tout de même, à ma connaissance, la seule compagnie qui offre une seconde place à 1/3 du prix aux voyageurs trop corpulents.
 
Mais... Dans la plupart des avions en service actuellement, l'accoudoir central entre les sièges ne se relève pas complètement, c'est à dire qu'il ne s'insère pas entre les dossiers. Donc les obèses ont la grande chance, l'immense bonheur, l'incommensurable privilège de devoir payer double tarif en avion pour passer 10 heures avec un accoudoir en métal planté entre les omoplates.
Bref, quand des mesures alliant logique et profit en oublient la plus élémentaire humanité, on arrive à un monde qui se marche sur la tête même si l'on est pas manichéen.
 
Par ailleurs, je ne suis pas sur que ça ait des vertus thérapeuthiques, cet accoudoir intercostal. En tout cas pas plus que le balai dans le cul pour les gens qui ont une scoliose.
 
 
Aïe. caramba, encore raté... Tout une note sans connotation graveleuse malgré un titre tape-à-l'oeil et j'échoue dans la ligne droite finale en plaçant un "CUL" iconoclaste !
D'ailleurs, je vous entends d'ici : une note sans grivoiserie, on se casse !
 
Faites donc, ici on ferme.
...temporairement. (un ouf s'élève de la foule fébrile)
  
Oui, juste une quinzaine de jours de break pour profiter des ponts et de vacances près du cercle polaire, pour ne pas écrire dans l'urgence, pour retrouver des idées qui manquent et chasser des idées qui accaparent trop...
  

23.04.2009

Barbaradine ou barbaracole ?

 

Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet sérieux. D'un sujet grave.

La prostitution.
 
Il y a quelques semaines, le sujet avait été abordé et sauvagement débattu chez  Connasseee, qui semble être une experte en putologie.
 
Attention, la putologie, c'est une science tandis que la pute au logis, c'est un hobbie, un peu comme le macramé.
Ceci dit, si tu étudies trop la putologie, tu finiras aussi avec le mât cramé...
 
HN_macramé.jpg
C'est ça du macramé.
Je commence mon nouveau rôle de bloggeur-modeuse fashion...
 
Par contre, j'avoue avoir un peu hésité suite aux discussions véhémentes au cours desquelles les féministes s'écharpent lorsqu'on aborde le sujet. Je n'ai aucune envie de voir mes lecteurs s'envoyer des noms d'oiseau et se voler dans les plumes pour des histoires de poules de luxe. Alors j'ai décidé d'habilement contourner les écueils du sujet...
 
Nous allons évoquez ici la prostitution masculine.
Le Gigolo, quoi.
 
Présenté comme ci-dessous, le sujet parait illico beaucoup plus consensuel à mon lectorat à talon.
(Non, Nicolas, pas toi)
 
HN_AmericanGigolo.png
Zola aurait dit :
Ce film est Gere-minable.
 
Cependant, étant très loin d'être un spécialiste en la matière, j'ai recherché une sommité dont l'expertise ne pourrait guère être mise en doute. Et j'ai finalement reçu l'aide d'une dame, d'une très grande dame, d'une personne que j'admire au plus haut point (sincèrement) :
 
Barbara 
(la chanteuse, pas la ligne de lingerie)
(Je n'ai rien contre la lingerie, ceci dit)
 
HN_barbara_01.jpg
 
Bon, son vrai nom, sur son avis d'imposition, c'était Monique Serf. C'est vrai que c'est moins glamour.
Elle a hésité à s'appeler Chantelle ou Darjeeling mais finalement, je crois qu'elle a bien choisi.
Et puis dès qu'il pleut sur Brest, on se rapelle Barbara. Donc très souvent....mais je m'égare, là.
 
En tout cas, c'est grâce à elle et à sa chanson Mes Hommes que j'ai pu appréhender le sujet avec tout le sérieux et toute la retenue qu'il mérite :
  
Ils marchent le regard fier,
Mes hommes,
Moi devant, et eux derrière,
Mes hommes
Et si j'allonge le pas,
Ils me suivent pas à pas.
Je ne leur échappe pas,
Mes hommes, mes hommes.
 
C'est par une allégorie de connivence que l'auteur débute le texte. En effet, Barbara était une fan inconditionnelle de Brassens dont elle a repris moult chansons. Donc "Moi devant et eux derrière" fait référence au "petit cheval blanc, tous derrière et lui devant" de Brassens. Oui, la narratrice est le petit cheval blanc, oui, elle est dans la seconde période de sa vie et sa tête se couvre de cheveux blancs. Belle métaphore pour évoquer son âge sans le citer, classique coquetterie féminine.
 
Et à son âge, cette dame a des étalons (oui, toujours le champ lexical équestre) qui la suivent pas à pas ? Pas besoin d'utiliser les mots qui fâchent, les mots qui choquent, les mots qui dérangent la bonne vieille morale judéo-chrétienne mesquine et faux-cul. Ce sont des Escort-boys qu'elle évoque ici.  

Où que je sois, ils sont là,
Mes hommes.
Je n'ai qu'à tendre les bras,
En somme.
Je les regarde venir,
Fière de leur appartenir.
C'est beau de les voir sourire,
Mes hommes.
 
Et manifestement, des escorts-boys, elle en a un paquet. Et toujours présents pour la servir. Ca a du lui couter bonbon pour avoir un contrat d'exclusivité pénienne avec tous ces jeunes et beaux garçons qui renoncent ainsi à la chair tendre et parfumée des jeunes filles en fleur telles des nénuphars (... c'est-à-dire toujours humides).
 
Mais c'est également un beau cri d'espoir, un appel à la tolérance en même temps qu'un acte hautement féministe et symbolique. Depuis que l'homme marche debout et ne traine plus sa femelle par les cheveux (ah bon, ça se fait encore ?) le signe extérieur de richesse pour les puissants était bien évidemment d'avoir un harem, quel que fut le nom qui lui était donné suivants les civilisations. Désormais, une vieille peau, si elle a fait fortune en jouant sur le Nasdaq ou le Cac40, elle peut s'offrir le luxe d'avoir un "harem". Et donc ses concubins, elle les tient par les bourses. Vive l'égalité des sexes !!!

Moi qui suis fille des brumes,
En somme,
De la nuit et de la lune,
Tout comme,
Quand j'arrive, le teint clair,
Moi devant et eux derrière,
Je comprends bien que les gens
S'étonnent, s'étonnent
 
"Pose tes deux pieds, en canard, c'est la chenille qui redémarre ! "
Dans ce couplet, Barbara nous démontre qu'elle a plus de talent que tous les membres de la Bande à Basile réunis. Elle, c'est la fille des brumes, la fille de la fumée, Elle est donc la locomotive et toute la nuit sur son cul ("de la nuit et de la lune") s'arriment en guise de wagonnets ses amants pré-payés, eux derrière et elle devant. Ce sont des nuits entièrent de chenilles processionnaires et lubriques qu'elle fait vivre à ses mâles. 
Notons que c'est bien la bande à Basile qu'elle honore dans ce couplet. Au contraire, si à la place du "teint clair" elle avait dit "le teint sombre", elle se serait alors référée à Saga Africa.

Car, ils viennent de Tunisie,
Mes hommes,
Marseille, Toulon, le Midi,
Mes hommes.
Ils marchent avec insolence,
Un petit rien dans la hanche.
Ça ressemble à une danse,
Mes hommes.
 
C'est vrai qu'au prix que ça lui coute, ses petites fantaisies coïtales à répétition, elle a le droit d'avoir ses préférences, la dame. Alors voilà, ce qu'elle aime, c'est le Méditerrannéen, le Provencal. Le gars petit, brun, qui éructe bruyamment des effluves anisées lorsqu'on a la chance que ça ne sente pas la bouillabaisse de la veille, le gars qui porte un bob "Allez l'OM" et un marcel échancré duquel dépasse une toison d'orang-outang dans laquelle se sont perdues quelques cacahuètes de l'apéritif de la veille. Ou de l'avant-veille. Le gars qui lance la boule de la main droite et se gratte l'autre de la main gauche. The Mec, quoi !!!
 
Bon, voilà, c'est clair, je ne pourrai jamais être escort-boy....

Ils ne m'appellent pas Madame,
Mes hommes
Mais, tendrement, ils me nomment
Patronne.
Ils se soumettent à ma loi.
Je me soumets à leur loi.
Que c'est doux d'obéir
A mes hommes.
 
Attention, la bagatelle n'exclut pas les rapports hierarchiques entre employeur et employés ! On comprend bien qu'à la signature du contrat, l'escort doit se soumettre à la convention collective qui régit sa profession. Il se conforme à ses jours de RTT (Retrait car Trompes Tuméfiées), cotise à la CSG (Coït Sensuel & Galanterie), mais bénéficie d'un PEE  (Penis Enlargement Experiment, le roi du spam).

Ils se sont fait sentinelles,
Mes hommes.
Ils pourraient même être cruels,
Mes hommes.
Ils me veillent, comme moi
Je les veille quelquefois.
Moi pour eux, et eux pour moi,
Mes hommes.
 
L'appétit sexuel de la narratrice n'a pas de limite. Elle veut tous ses hommes en sentinelles, c'est à dire au garde-à-vous (je ne vous fais pas un dessin, c'est un blog mondain, ici). Elle se rêve assaillie de toute part par une horde de soldats, le mousquet chargé, la baïonnette à la main, prêts à en découdre par toutes ses coutures toute la nuit durant. Elle se voit lancinante sur la lance, arc-boutée sur l'arquebuse, fléchie sur la flèche, trombinée sur le tromblon, aller bas sur la hallebarde pour finir à velo sur le javelot.
"Si vis pacem, para bellum", comme disait Obélix.

Quand naissent les premières feuilles
D'automne,
Quand le chagrin se fait lourd,
Mes hommes,
Vont se mettre, sans un mot,
Debout autour du piano
Et me disent tendrement,
Patronne, patronne.
 
Mais la gaudriole ne suffit pas toujours à combler la déprime naissante sous le poids du temps qui passe et s'enfuit sans retenu. Comme ses seins désormais, sans retenu. Elle a beau aligner les biftons et les glisser à profusions dans les strings à paillettes de ses apollons épilés, elle sent bien qu'il existe un décalage entre elle sous le poids des ans et eux sous le poids du gland. Néanmoins, a partir de telles relations peuvent naître des sentiments réels, pas forcement ce qu'on peut appeler de l'amour mais une certaine forme de tendresse entre patron et employés, beaucoup plus en tout cas que ce que l'on peut voir en ce moment chez Heulliez ou Continental...
Pourtant, la métaphore reste grossière : Ils se retrouvent autour du piano... à queue.

C'est fou comme ils sont heureux,
Mes hommes,
Quand le son du piano noir
Résonne.
Ils vont faire leurs bagages
Et on reprend le voyage.
Faut qu'ils voient du paysage,
Mes hommes.
 
Et voilà, d'un coup, on rompt la poésie et on repart dans le cliché ethnique. Ah, le gros son du piano à queue noir qui met Madame en résonnance ovarienne, on comprend vite de quoi il s'agit ! Et je ne dis pas ça parce que je suis blanc et pas gâté par la nature...
 
Mais derrière cette légende urbaine et caleçonesque se cache un triste aveu. Oui, la prostitution, c'est une drogue pour celles qui la consomment. Elles ne se contentent plus de ce qu'elles peuvent trouver autour de chez elles, elles partent rechercher du Panguy-panguy en République Dominicaine, du jouet sexuel à Dakar ou de la poutre à Bamako. Et voilà comment les dérives du tourisme sexuel explosent... Et le problème du tourisme sexuel, c'est que ça fait prendre l'avion et donc ça a un cout énergétique énorme en équivalent-carbone.
 
Oui, le tourisme sexuel, c'est anti-écologique.
Et dans le Grenelle de l'environnement, ils auraient du prévoir de mettre des putes et des gigolos à pas cher en bas de chez nous.

Quand descend la nuit furtive,
Mes hommes.
A pas de loup, ils s'esquivent.
Personne....
 
En fait, la chanson, n'est pas terminée. Il reste encore 6 couplets !
 
Mais d'une part, je crois que j'ai atteint la limite décente du mauvais goût et en rajouter, ça ne serait pas mondain.
 
Et d'autre part, en résumé, ses hommes, quand elle dort, ils vont quand même se taper de la blonde, de la brune, de la rousse, de l'angora, de l'alezan doré, de la charolaise bicolore, le tout dans des orgies bestiales ou des fontaines de sperme et les torrents de sueur mélangée remplacent les pétalent de cerisier blanc qui volent au gré du vent sur les estampes japonaises.
 
Bref, c'est un peu cochon et je ne voudrais pas vous infliger ça. Vous venez ici pour la culture, pas pour la luxure, tout de même.
 
Donc je profite qu'à pas de loup, ils s'esquivent pour moi aussi m'esquiver avec tact.
Et puis j'ai du boulot, j'ai un contrat d'exclusivité à aller signer.
 
 
J'en profite au passage pour souhaiter
un bon anniversaire + 2 jours à Crevette.

14.04.2009

A usage unique.

 
"J'ai mis de l'ordre à mes cheveux
Un peu plus de noir sur mes yeux
Par habitude
J'avais oublié simplement
Que j'avais deux fois 18 ans."
Dalida (Larusso du XXème siècle) - Il venait d'avoir 18 ans
 
 
... Une paupière s'ouvre. Lourde, forcément lourde. Un regard périphérique mono-oculaire qui renvoie un résultat propice à l'inquiétude... Tu ne reconnais pas l'environnement , le doux confort de ta chambre à coucher, son désordre familier, sa table de nuit avec ses deux tiroirs, le premier garni d'un livre aux pages cornées, de pastilles pour la toux, d'un demi alka-seltzer et d'une petite clé. Alors qu'il y a donc dans ton premier tiroir tout ce qu'il faut pour bien dormir, il y a dans le second tiroir, astucieusement fermé par la clé cachée dans le premier tiroir, tout ce qu'il faut pour ne pas dormir : Des préservatifs, même si tu sais que tu risques l'excommunication à chaque utilisation, un petit gel en tube qui sert de destop pour canalisations féminines (eau et gaz à tous les étages), et une paire de menottes en fourrure rose que des amis t'ont offerte pour t'aider à lutter contre le célibat mais que tu n'as jamais osé sortir en présence d'un occupant intérimaire de ton lit.
 
Mais oublie ton biotope nocturne habituel, tu comprends que tu n'es pas chez toi. D'ailleurs, la masse inerte et ronflante qui git à tes côtés te renseigne sur la situation : Tu as manifestement eu très récemment une relation charnelle avec un individu de sexe concave. Machinalement, tu glisses une main sous la couette et au contact direct de ta convexitude légèrement gluante et non pudiquement voilé d'un quelconque sous-vêtement, tu entérines ce postulat.
 
A ce moment-là, tu vas réfléchir à la vitesse d'Einstein face à la grosse cagnotte de la roue de la fortune. Et donc tout de même troublé par le décolettée plus qu'aguicheur de la potiche blonde de service. Première étape, le prénom. A ces satanées prénoms, ils se ressemblent tous ! Et en plus les femmes sont susceptibles, là-dessus, c'est ballot tout de même. Pour essayer d'activer ta mémoire visuelle, tu te penches maladroitement sur ta collègue de rodéo en priant qu'elle ne se réveille pas à ce moment-là. Tu la regardes droit dans les yeux bouffis.... Tu cherches à connecter quelques synapses manifestement en RTT... Puis tu essaies d'analyser : Elle a une tête à s'appeler comment ? Si les premiers prénoms qui te viennent à l'esprit sont Rita, Berthe, Médor ou Casimir, il va falloir songer  à une retraite stratégique. Non, ça n'a rien de déshonnorant. Même si Cambronne a dit "la garde meurt mais ne se rend pas", toi, tu sens que pour le garde à vous, c'est mort. Et puis il a beau causer, Cambronne, là c'est toi qui est dans la merde...
 
Bref, après une nuit de luxure avec une inconnue dont tu as peut-être envie qu'elle le reste (inconnue), tu as décidé, après une longue réflexion philosophique et une rapide estimation de la masse de ta concubine d'un soir, que tu allais arrêter là les expériences ultimes que même Jackass n'oserait pas tenter. Il va donc falloir partir, se casser, mettre les voiles, se débiner, bref partir comme un prince.
 
C'est donc à cet instant précis que plusieurs options s'offrent à toi. Qu'il va falloir faire des choix.
 
- Première option, sachant que malgré tout tu es un homme nu et libidineux allongé à 10 cm d'une femme nue et en journée "Portes ouvertes", il serait dommage de ne pas profiter des offres promotionnelles. Ah, les affres du consumérisme ! Tu te rapproches de la donzelle, tu commences à lui carreser les fesses et lui masser le dos en lui disant "j'aime le grain de ta peau", etc. Alors, qu'objectivement, ces instants de douceur ont pour unique but d'attendre le réveil de Popaul. Bon, se déroule ensuite se qui doit se dérouler (je rappelle qu'ici c'est un blog mondain, on ne parle pas de cochoncetés !), et au moment final, après le râle rauque et guttural qui caractérise ton accomplissement, tu peux lui dire "C'est tellement plus beau de se quitter sur un orgasme"....
 
- Seconde option, la fuite discrète. "Carpe Diem" a dit le poète. Toi, tu as Carpeté la veille et Diem, tu irais bien retrouver ton chez-toi, tes redif' sur europsort et l'apéro avec les copains. Sans te prendre la tête. Et qui dit pas de prise de tête dit pas de discussion (oui, ça c'est un postulat masculin indérrogeable). Tu vas donc chercher à parcourir la distance séparant le lit éphémèro-conjugal de la porte d'entrée en faisant le moins de bruit possible. Sachant que tu ne te souviens pas ou se trouve la porte d'entrée. Et il va falloir essayer de récupérer tes habits au passage... Déjà, pensée pudique, ton caleçon. Ayant un flash sur la soirée, tu regardes machinalement au plafond et te sens rassuré sur ton hygiène en voyant que ton caleçon n'y est pas resté collé. Par ailleurs, statistiquement, il y a toujours au moins une chaussette que tu ne retrouves jamais. Mais bon, un mi-bas de la demoiselle fera l'affaire pour le trajet.
Dernier point : Si tu crois que tu as réussi toutes les épreuves par coeur, qu'il ne te reste qu'à refermer la porte et que malencontreusement tu la claques un peu bruyamment, un conseil, coupe illico ton portable. Et cours Forrest, cours...
 
- Avec la seconde option, il y a aussi la variante B : la fuite est la même mais l'esprit chevaleresque qui te caractérise te pousse à laisser romantiquement sur la table de chevet un petit mot. Mot de remerciement, mot tendre, mot formel ? Peu importe, en fait. Objectivement, quel que soit le mot, que ce soit du Verlaine ou du IAM, de la sténo ou des vers en alexandrin, ça ne changera pas l'humeur de la demoiselle. Si elle pensait t'insulter  à distance en voyant ton départ, elle le fera, si elle pensait pleurer ou se mettre la tête dans le four, elle le fera et si elle pensait juste se finir avec son Rabbit, elle le fera aussi... Et puis le petit mot, il faut l'écrire et il n'est jamais aisé de trouvé du papier et un stylo dans un logis inconnu.
Donc si vraiment ta conscience te turlupine et que tu n'envisages pas la fuite sans mot d'excuse, un bon conseil, prépare le à l'avance. Soyons honnête, quelle qu'ait été la soirée, tu mettras toujours la même chose ! Soit tu es quelqu'un de bien et tu diras un mot gentil sur la beauté du moment vécu, soit tu veux vraiment couper les ponts et tu n'hésitera pas à formuler un pieu mensonge comme "désolé mais je suis bi, sans un autre copain qui participe, je trouve ça fade" ou alors "ça aurait pu marcher mais je pars 5 ans en mission d'exploration chez les Inuits, c'est dommage".
 
- Troisième option, la gentleman attitude. Il se lève discrètement, s'enfile une fringue sur le cul, lance la cafetière electrique s'il l'a trouvée et descend chercher des croisssants. C'est beau. C'est romantique. c'est chevaleresque... Et c'est parfois risqué ! Es-tu sur qu'en revenant tu trouves toujours porte ouverte (au sens propre, cette fois-ci) ? Es-tu persuadé qu'une fois reposée et les vapeurs d'alcool dissipées, la demoiselle aura envie d'un petit déjeuner tendre et sans honte avec l'homme à qui elle a dit quelques heures avant "vas-y, prends moi comme chienne, j'suis ta p'tite pute !" ou autres élans vocaux désinhibés ? Surtout si au petit matin, avec la fatigue et sans le maquillage, elle a du mal à assumer avoir annoncé fièrement seulement 23 ans au compteur...
 
Et puis au final, toi qui objectivement courrais après la bagatelle avec une jolie vingtenaire, essaie de ne pas t'étouffer avec ta viennoiserie si la presque-quarantenaire sussures à 5 cm de ton oreille : "c'est tellement beau une histoire d'amour qui commence...."
 
Finalement, parfois, on a pas le choix, faut assumer...
 
 
Je me gausse là gentiment des galopeurs impénitents.
Mais une prochaine fois, je me moquerai de ceux qui
n'ont même pas cette chance, de ceux qu'on laisse bloqués
sur le palier au moment fatidique...
 
Je parle au masculin parce que c'est lourd de dire il/elle à chaque fois.
Mais sur 90% des points, ça marche pareil dans l'autre sens !!!
  
   ...P'tain, j'écris vraiment n'importe quoi !
Saint-Anne, c'est où ?

08.04.2009

Emballage high-tech !

   
"Allo, allo monsieur l'ordinateur
Dites-moi, dites-moi où est passé mon cœur
Je vous appelle au bureau du bonheur
Car je sors à l'instant du ministère des pleurs"
DOROTHEE (clubbeuse) - Monsieur l'Ordinateur
 
   
C'était mieux avant ?
 
... Je ne sais pas. J'ai encore un doute. Mais aujourd'hui, si on est célibataire, on a de quoi être largué !
 
Bon, d'accord, je n'attendrais pas forcement qu'une Dulcinée putative laisse choir à mes pieds gainés de hautes-chausses un mouchoir en dentelle pour essayer d'entrer en relation avec elle voire de nouer un dialogue dans le but de dénouer ses jaretelles. Surtout qu' à l'époque, le mouchoir était à usage unique, l'allumage du gentilhomme, alors que de nos jours, l'utilisation première reste malgré tout la récupération du fluide tarinaire qui coule comme un camembert Lepetit qui joue à Titanic. Et il n'y a plus le nom ni l'adresse brodés sur les kleenex. Et l'analyse ADN de la morve de la target, ça n'excite que les Experts de Miami ou d'ailleurs.
 
Jusqu'à aujourd'hui, pour séduire quelqu'un, il existait un nombre considérable de moyens.
 
- Aller en boîte de nuit et onduler son corps comme un bonobo épileptique en s'effleurant à intervalle régulier les zones soi-disantes érogènes. D'abord les siennes (cf Mickael Jackson) puis celles des partenaires éventuels (cf. la Soca-dance, Lambada, etc...). Arrive un moment, le message est clair, la personne est en attente d'un emboitement façon Lego pour jeune de plus de 15 ans.
 
- Aller dans les bars branchés, s'assoir à côté d'une jeune fille seule, lui offrir son 4ème whisky, puis jouer les beaux ténébreux imcompris. Lui réciter du Appolinaire en slam ou du Verlaine en verlan. Et surtout, ne pas oublier de lui offrir un nouveau verre entre chaque quatrain. Par contre, cette technique a une contrainte : Il va falloir à nouveau assurer au p'tit dèj au niveau de la galanterie et de la bienséance parce que tous vos efforts de la veille, la fille ne s'en souviendra plus. Au passage, remémorez-lui vos 4 étreintes et ses 12 orgasmes. Oui, même si en fait vous avez juste eu une demi-molle durant 10 minutes.
 
- Plus moderne, on peut s'inscrire sur Meetic. Je ne suis pas un spécialiste mais il semble que ce soit facile. Il suffit de se faire un message d'accueil qui accroche l'oeil et réchauffe les organes au chomage technique.
 
 
clavier-demain.jpg
C'est mieux que le pavé numérique pour brancher !
 
Lui : Grand, brun, sportif, cadre supérieur ou artiste, aime les voyages (et pas seulement Pékin-Express à la TV) et cherche l'amour sincère (la levrette le premier soir, quoi).
Elle : grande, blonde, pulpeuse, aime la lecture (Voici, Gala), la poésie (grand corps malade), l'évasion (beau mot passe-partout) et cherche un amour durable (un mec qui la culbute AVANT de s'enfuir)
En tout cas, il parait que ça marche bien... Je reste sceptique mais face aux chiffres, je ne peux que m'incliner (non, pas en levrette)
 
 
meetic.jpg
 
 
- Plus romantique (si, vous verrez), l'homme peut aller s'acheter une femme en Russie ou ailleurs.
Moyennant quelque menue monnaie largement remboursable par la vente du rein du futur enfant, le héros solitaire (vu comme un porte-monnaie sur pattes par les candidates) visitera les prétendantes, leur parlera, les charmera, regardera celle avec laquelle il aura le plus d'affinités, essaiera de voir celle qui est le plus attiré par lui... Puis finalement sortira sa fiche de salaire et choisira celle qui a les plus gros seins. De préférence si elle a 20 ans de moins que lui.
Vive l'amour mondialiste !
 
mais voilà, nous arrivons au sujet de l'article : Depuis peu, un nouveau système électronique de rencontre a vu le jour. On appelle ça la géo-localisation. OK, le terme est peu glamour... Mais... Ah, non, le reste n'est pas très glamour non plus !!!
 
En résumé simplifié (ça m'arrange car je ne suis pas vraiment "moderniste" sur les moyens actuels de communication) si tu as un GPS associé à ton téléphone portable, tu peux t'inscrire à un site de rencontre par géo-localisation (Brightkite, Whosphere ou Loopt.com). Tu laisses un message te décrivant et décrivant surtout tes attentes, tu paramètres également la distance limite sous laquelle tu veux être informé de la présence d'un autre utilisateur et voilà, le tour est joué.
 
Par exemple, je m'inscris comme recherchant "une grande brune qui aime être attachée", je paramètre une distance de 30m et je sors tranquillement avec mon téléphone jusqu'à mon troquet préféré (qui mesure en gros 30m). Si sur place une utilisatrice est abonnée au même service, elle recevra un texto avec ma "fiche de préférences" en même temps que moi je reçois un sms avec les siennes. Si ça colle, il ne nous reste qu'à essayer de nous trouver du regard et d'aller faire notre petite affaire...
 
Plusieurs avantage à ce système : d'une part, ça évite de se balader avec sa pancarte « j'ai envie de sucer un roux de 1m60 qui aime le chorizo ». Ca limite les choix, soit, vu que les gens en face doivent être équipés du même système, mais ça évite les emmerdes avec les gens bien comme il faut ou avec ceux qui préfèrent la rosette (de Lyon).
 
En plus, ça limite les mensonges. Inutile de dire qu'on fait 1m95, beau comme un boeuf et fort comme un appollon, puisque dans ce cas personne ne nous reconnaîtra dans la foule.
 
A l'inverse, il faut penser à couper la machine parce que si durant une réunion avec 5 collègues l'un d'eux recoit un texto "j'aime qu'on me talque les fesses et qu'on me donne le biberon" tout de suite, il regardera avec un regard inquisiteur. Ou ira chercher du talc. Mais il y a une différence entre assouvir un fantasme avec un inconnu et se faire donner la fessée par son patron. Patron dont on a peut-être eu toutefois de le temps d'apprendre qu'il aimait porter les strings de sa femme et se faire pratiquer l'anulingus...
 
 
HN_Escargot.jpg
Chaudes retrouvailles hermaphrodites !
  
Il parait que ce système fait fureur dans les boîtes échangistes. Mais là aussi, une annonce "j'aime être prise par derrière sans un mot et par un inconnu" peut être de circonstance dans ces lieux mais nettement moins le matin dans l'ascenseur de l'entreprise ou au premier déjeuner du dimanche dans la belle-famille. 
 
... Bon, au final, cette trouvaille va nettement plus servir aux "lubriques" qu'aux personnes à la recherche du grand amour. D'ailleurs, je reste persuadé que s'il y a 30 personnes dans une pièce et que parmi eux se trouvent un homme et une femme avec un appétit sexuel hors norme ou des moeurs débridées, ces deux là, même sans se connaître, finiront par se retrouver naturellement. Le sixième sens, les phéromones, le "ouï-dire" ? je ne sais pas, mais ça se vérifie souvent.
 
Donc la géo-localisation, nouvel artefact pour vendre des portables high-tech aux frustrés ?
Est-ce qu'un lecteur célibataire a déjà tenté l'expérience ?
 
 
Et une fois de plus, le menu de la semaine
prochaine reste un mystère... Pour moi aussi !
 
 
 
 


01.04.2009

L'ascenseur social II : l'essence et l'effluve

  
"Donne du rhum à ton homme
Du miel et du tabac
Donne du rhum à ton homme
Et tu verras comme il t´aimera. "
Georges MOUSTAKI ( 'spice di métèque) 
 Donne du rhum à ton homme
  
    
Voilà, nous avions laissé Françoise d'Aubigné nouvellement promue Gouvernante officielle des bâtards du Roi.
 
Ca n'a pas l'air comme ça mais c'est un vrai titre et un rôle d'importance. Surtout que la mère des rejetons en question, Madame de Montespan, ne fait pas étalage d'une tendresse maternelle très ostensible. En fait, elle s'en fout pas mal, de ses mômes. Je crois que même que si elle est avait pu, elle aurait enfilé une capote sur le membre royal afin d'éviter d'être engrossée annuellement, au rythme métronomique d'une charolaise d'élevage, et ce malgré les précepts de l'Eglise, lesquels n'ont pas évolué d'un poil à travers les âges.
 
capote.jpg
Message subliminal pour dire que c'est ça qui sauve des vies, n'en déplaise aux adeptes de la calotte. Glacée.
 
Il faut dire que la Montespan, son rôle de favorite elle y tient plus que tout... Et est prête à tous les sacrifices pour ça. A une époque ou être médecin à Versailles était aussi dangereux qu'être faiseur d'ange en terre catholique de nos jours, les trucs de grand-mère avait cours plus que de raison. Ainsi, chaque matin, Madame de Montespan avale un grand verre... d'urine de mûle ! Il parait que ça aide à conserver le teint jeune et frais et l'oeil brillant (et la truffe fraiche ?). Oui, à cette époque, l'ami Ricorée était monté comme un âne. De même, en guise de crème de nuit contre les inévitables outrages du temps, elle s'applique quotidiennement sur le visage une mixture à base de saintdoux, de moëlle de boeuf et de bouse de vache. Ah, la bouse de vache, le produit miracle du moment ! C'est le Oil of Olaz au rétinol actif de l'époque : ça fait pousser l'herbe et reverdir les champs, alors ça doit aider la peau à se régénérer. Les femmes font même des distillations de bouse de vache pour s'en badigeonner l'intimité en periode de menstruation, pour une sorte de "ravalement des parois internes"... Je n'ose imaginer le bouquet de la flore vaginale.
  
 
Bouses_de_vache.jpg
Briques de bouse de vache :
C'est un peu le SEPHORA de l'époque...
 
Mais comment cet excrément sur pattes, aussi maquillée soit-elle, peut-elle ravir le Roi au milieu de moult courtisanes ?
C'est qu'en ces temps étranges, l'hygiène, ce n'était pas vraiment branché. Enfin, l'hygiène, si mais l'hygiène efficace, moins. En fait, tout part de croyances datant du début du 17ème siècle qui laissent imaginer que l'eau est néfaste pour le corps en y apportant microbes et bactéries qui peuvent pénétrer le corps par les pores de la peau. Si la sueur peut sortir, l'eau peut rentrer, logique implacable.
 
Par conséquent, l'eau, cette substance vile et couffin à bacilles, est peu à peu abandonnée. Dans les hautes sphères de la cour, on lui préfère la toilette sèche. On se change 6 à 8 fois par jour pour les plus riches mais jamais, Ô grand jamais, on ne se trempe le cul dans la baignoire. A la rigueur, on se frotte une fois par mois les parties les plus sales avec une pierre ponce trempée dans du lait d'amande, mais c'est tout. Et on s'enduit, on s'aperge, on se oint le corps de multiples crèmes et poudres parfumées censées (à tort) masquer les effluves corporelles. Pour les cheveux, c'est la même chose, jamais une femmes n'aurait l'idée de se mouiller la tête. Et ce n'est pas pour préserver la mise en plis de la veille faite par le Jacques Dessange de jadis. Non, à la place, on se peigne. Ou on se fait peigner. Pendant 2 à 3 heures par jour, avec des peignes de plus en plus fin, pour retirer les insectes et autres petites bêtes peu aphrodisiaques qui ont élu domicile dans la tignasse.
 
Et les dents... C'est le pire. Une ignominie permanente, qu'il en reste ou pas (des dents). Et les gens en sont conscients donc les femmes mâchent à longueur de journées des feuilles de menthe ou de fenouil, mais c'est peine perdue. Ellent s'accrocheraient un sapin magique à la glotte que ça serait sans effet. La bouche ouverte, ça sent la morgue de l'institut médico-légal après 8 jours de grève EDF.
 
dents-horses.jpg
Les ravages de la mauvaise hygiène dentaire...
   
 
D'ailleurs, l'éventail que toute femme soignée (sic) arbore n'existe que dans ce but : cacher les chicots pourris et surtout disperser devant la bouche de sa propriétaire les effluves des huiles essentielles dont il est imprégné. Rien d'autre.
Et moi qui trique comme un taureau andalou quand je suis devant une danseuse de flamenco qui ondule sensuellement derrière son éventail, je pense que ça me fera nettement moins d'effet maintenant que je sais ça !
  
Et le Roi dans tout ça ? Ni mieux, ni pire. En tout cas au niveau de son hygiène personnelle. Le souci c'est que c'est son corps qui est une usine chimique enrayée. Déjà, le roi est boulimique, il mange des quantités pantagrueliques de nourritures toujours grasses. Et par ailleurs, il est atteint de plusieurs dérèglements gastriques qui font de lui le champion du dégazage multi-soupapes. D'un côté, il refoule du clapier à tel point que quant il parle, on a illico l'image olfactive du charnier de Timisoara. De l'autre, il produit continuellement tellement de flatulences qu'il aurait pu résoudre la crise energétique si on avait acollé une éolienne à son cul royal. Bon, de là à appeler ça "énergie propre"...  
 
Flat_sign.jpg
 
Et pour l'évacuation solide, il y avait bien évidement la chaise percée. Louis XIV y passe plusieurs heures par jour. Mais il faut savoir qu'en ce temps-là, on n'entretient pas avec la défécation une intimité close, contrite, presque coupable en ce qu'elle signale forcement dans l'atmosphère proche la trace olfactive de notre passage. Pour Loulou, pas de chichis, il s'installe sur sa chaise percée tout en recevant ses amis, en jouant au cartes et surtout en recevant ses ministres dans le cabinet ministériel... D 'où le nom nous est resté. Il faut savoir qu'assister au "caca royal" est une marque de reconnaissance ultime et des brevets sont édités : Ce sont des "brevets d'affaires", ils donnent droit à une matinée avec le roi sur la chaise percée et on ira même jusqu'à spéculer dessus ! (par contre, là, aucun rapport éthymologique entre spéculer et spéculum)
 
Bien évidemment, le Roi reste le Roi. C'est donc un "valet d'aisance" qui est chargé à intervalle régulier de passer un torchon sur l'auguste séant. De même, Une fois la purge achevée, c'est un autre valet qui a pour noble tâche d'égoutter le membre royal. On l'appelle "valet de pisse". Alors, y en a-t-il a encore qui se plaignent de leur boulot ?
 
Chaise_percée.jpg
ça ressemble un peu à un vide-plateau chez MacDo, non ?
 
 
Par contre, je tiens à tuer dans l'oeuf la légende urbaine qui raconte qu'à la cour de Versailles, tous les courtisans se soulageaient où ils pouvaient, dans un couloir, sous un escaliers, etc. Non, point de ça chez eux ! De très nombreux valets déambulaient avec des bassines d'aisance, à disposition de quiconque avait une envie présente. Quiconque, homme ou femme. Par contre, les robes de l'époque ne se retroussant pas aussi aisément que la minijupe d'une pouffe alcoolisée dans les toilettes du Macumba Night, les femmes étaient contraintes d'uriner debout, jambe légèrement écartées, la bassine diplomatiquement cachée sous les robes. Oui, bon, ça coulait surement un peu le long des jambes mais franchement, qui ça dérange ? Et puis on se lave après.
  
Ah non, c'est vrai, on ne se lave pas après. Tant pis.
 
Bon, trêve de digressions poétiques et anatomiques, revenons à notre Françoise : Celle-ci a l'occasion de voir régulièrement le Roi, lequel aime visiter ses enfants naturels régulièrement (quel bon père de famille !). Le Roi est rapidement séduit par la culture et la sagesse de Françoise et va lui permettre, en 1675, de racheter le chateau de Maintenon et le titre de Marquise qui va avec. C'est d'ailleurs dans ce chateau que va s'installer Françoise, désormais Madame de Maintenon, avec la marmaille bâtardisée. Et en 1680, nouvelle honneur, elle est en charge, en plus, de la vraie Dauphine de France.
 
Et petit à petit, Louis XIV et la Maintenon s'affichent de plus en plus comme un couple parental. Bon, Françoise n'a toujours pas vraiment la cuisse légère et le roi ayant toujours un gros appétit sexuel, il fera son quatre-heures et ses 5 à 7 avec une jouvencelle de 17 ans, Marie-Angélique. Elle est belle, elle est jeune, elle a encore des dents et aime la levrette... la seule position ou l'haleine royale est supportable. Bref, cela met en rage Madame de Montespan et lorsque Marie-Angélique meurt en couche, elle est suspectée d'empoisonnement et rapidement répudiée. La voie royale est ouverte pour Françoise, surtout que peu après, c'est la Reine qui casse sa pipe.
 
Et c'est le 9 octobre 1683, avec l'accord de l'Eglise, que Madame de Maintenon, 49 ans et Louis XIV, 45 ans, se marient secrètement... Mariage qui ne sera secret que pour le peuple car à la cour, on a bien compris leur petit manège, à ces deux-là !
 
Née en prison, Françoise d'Aubigné finit donc femme du "plus grand Roi de France" et dira "Ma réussite est merveilleuse et désormais mon bonheur est éclatant". Oui, les dents qu'il lui reste rayaient le marbre...
 
Madame de maintenon.jpg
Une photo de la star. Garantie 0% photoshop
 
Pendant les 32 ans de règne qu'ils vécurent ensemble, l'avis de Madame de Maintenon sur les affaires de l'Etat fut de plus en plus important, jusqu'à ce que sont pouvoir fasse dire que vers la fin de la vie du roi, c'est sa femme qui dirigeait le pays.
 
Et parmi les centaines de décisions qu'elles a du prendre ou initier, il y en a une qui fait que pour beaucoup d'entre nous, c'est une grande dame qui a oeuvré pour le bien de l'humanité :
En effet, lorsque le royaume, exsangue après des années de guerre, était à la recherche de liquidités, c'est elle qui suggéra, en souvenir de ses jeunes années à Marie-Galante, de lancer dans l'ensemble des Caraïbes Françaises une plante qu'elle avaient connue là-bas, très sucré et donc les gens faisait une sorte d'alcool... L'essor de la canne à sucre était lancé, les rhums, mojitos, cuba libre et autres nectars pouvaient désormais traverser les siècles pour arriver jusqu'à nos gosiers.
 
Merci Madame.
Et à la votre !
  
mojitos.jpg
 
Retour des cours d'histoire dans quelques semaines...
On se rapprochera de notre époque, je pense.
D'ici là... Et bien je n'en sais rien !
Mais un truc pas trop long, surement...
 
 
 

Toutes les notes