11.08.2009

Hutin vaut mieux que deux tu l'auras. Ou pas (1ère partie)

 
Aujourd'hui, je vais vous raconter l'histoire d'un petit gars nerveux qui veut jouer au roi.
Un gars qui est cocu comme un bonobo quand il accède au trône mais n'aura aucun scrupule à épouser une starlette du moment juste après son accession au pouvoir.
 
L'histoire se passe dans le 14ème.
Non, pas autour de Montparnasse, d'ailleurs, la tour n'existait pas encore (Mais Ben Laden n'y était pour rien).
Je parle du 14ème siècle. A une époque où il n'y avait ni I-pod, ni I-phone, ni I-mac. Juste de l'aïoli.
 
Le gars en question, il s'appelle Louis. Je sais, ce n'est pas très original mais à cette période, si tu voulais réussir ta vie et t'offrir une Rollex de 2 tonnes à agrafer sur le clocher de ton église avant tes 50 ans, il valait mieux s'appeler Louis que Kevin, Brandon, ou Dylan. Surtout qu'en France, les gens avec des patronymes d'origine anglo-saxonne, on avait plutôt tendance à les empaler et les mettre au tourne-broche.
 
Notre Louis, il faut avouer qu'il avait tout pour réussir dans la vie vu qu'il avait un piston d'enfer. son Papa.
En effet, le père de Louis avait réussi dans la fonction publique puisqu'il était Roi de France et de Navarre. (je crois savoir qu'il a sauté pas mal d'échelons). Et il avait réussi comme roi, même si ses opposants ne sont pas vraiment d'accord. Mais bon, ils n'ont pas eu vraiment le temps d'exprimer leur désaccord bien longtemps... les syndicalistes de l'époque avaient une espérance de vie somme toute assez limitée.
 
Ce père, donc, c'était Philippe IV. Appelé aussi Philippe-le-Bel par des hordes de soubrettes et de paysannes qui ornaient l'intérieur de leur bergerie de posters en parchemin à l'effigie de ce roi dont la beauté et la prestance conféraient parait-il au divin. Philippe était donc beau, mais aussi intelligent. C'est d'ailleurs pour ça qu'il ne fit pas boy-band où animateur TV mais roi. C'est lui qui aida grandement à la centralisation du royaume ce qui en permis une administration plus serrée.
 
philippe4lebel.jpg
Ma qué ! Quel bel homme !
 
En fait, c'est lui qui fit passer la France d'une monarchie féodale, où le pouvoir dépend de l'humeur du jour des différents vassaux, à une monarchie absolue ou le pouvoir local est géré par des ministres du roi. Et pour augmenter la centralisation, Philippe-le-Bel a initialisé la tenue d'assemblées formées de représentants des 3 classes : clergé, noblesse et bourgeoisie et qui allaient devenir ensuite les "Etats Généraux". Par contre, vous noterez qu'on reste entre gens du monde. Point de tiers-etat, de gueux, de plèbe, de manants. Il faudra encore attendre 4 siècles pour ça... Mais il faut les comprendre : Discourir des heures durant avec des gens du peuple qui ne savent pas ce qu'est une brosse à dent, à qui il reste 3 chicots aussi noir qu'une bite au cirage et dégageant des effluves buccales faisant penser à une vache en putréfaction depuis 15 jours dans les eaux du Gange, ça ne poussse pas à militer pour la démocratie participative.
 
Bien sur, Philippe-le-Bel fit aussi un peu la guerre.
"Et la guerre, c'est pas bien" comme criaient plus récemment les beatniks affublés de chemises orange et de pantalons jaunes sur des espadrilles vertes, le regard enfumé de marijuana, le nez poudré de cocaïne, l'estomac retourné par du LSD et la nouille épuisée d'avoir copulé frénétiquement avec tout ce qui bouge, de la petite nièce à l'octogénaire grabataire sous prétexte qu'il fallair s'affranchir de la morale.
Oui, la guerre, c'est pas top comme hobby. Mais quand il n'y a pas de World Of Warcraft sur la console ni de Rambo à consoler à la TV, pour te défouler un peu, tu fais la guerre. Surtout que c'est sain comme sport, ce n'est jamais toi qui morfle quand tu es roi. Tu as toujours le "cheat code" pour l'option vie illimitée.
 
Philippe-le-Bel, il décida d'aller faire la guerre dans les Flandres. Surement histoire d'aller boire de la Leffe et de savoir prononcer Hoegaarden convenablement. Pourtant, la bière et l'accent flamand, ce sont deux sujets qui faillirent causer sa perte :
 
unlimited-hoegaarden.jpg
Le robinet magique... Je veux le même !
 
En 1302 dans l'épisode des "Matines de Bruges", des insurgés flamands attaquèrent une des garnisons françaises de la ville. Afin de pouvoir reconnaître les Français à leur accent (puisque les Français ne portent pas de berêt au combat), les insurgés demandaient à leurs occupants de répéter en flamand « Schild of vriend ?» ( bouclier ou ami ? ). Plus de 1000 soldats français de la garnison sont démasqués et assassinés au pied du lit.
(et surement 5 ou 6 flamands bègues)
(et 2 qui mangeaient des Chamallows)
Mourir en essayant de parler flamand, c'est vraiment une mort atroce.
 
En 1304, lors de la bataille de Mons-en-Pévèle, Philippe a une idée de génie : Il fait crever les futs de bière que l'ennemi avait stockés sur un promontoire afin de désaltérer ses soldats... Il imagine l'adversaire, éreinté par des heures de combats sous des armures encore plus transpirante que la tenue du policier des Village People, la victoire est là, toute proche... Sauf que, autant les flamandes dansent sans rien dire, sans rien dire au dimanche sonnant, autant, le flamand, quand on lui sucre sa bière, il devient vite aigri. Et c'est pourquoi, privée de bière mais ivre de colère, l'avant-garde de l'armée flamande se rua à l'assaut aux mépris de toutes les règles de bienséances qui veulent qu'on attendent la fin de la sieste pour jouer à Grey's Anatomy et s'intuber mutuellement à coups de hallebardes. Le front français, en train de cuver son vin de Moselle ou en pleine partie d'osselets avec les métacarpes des copains morts l'avant-veille, se fait allègrement enfoncer et les flahutes atteignent les campements du roi... On est proche du drame... Heureusement, c'est l'heure de la sieste et le roi, ayant certainement trouvé une flamande qui trousse sans mollir, sans mollir au dimanche sonnant, était fort peu vêtu, en tout cas assez peu pour qu'on ne puisse guère le distinguer de la soldatesque de base. On a échappé au pire, l'armée française se reprend et finalement les troupes flamandes sont réduites à l'état de Waterzooi périmée.
 
Bien sur, pour jouer à faire la guerre, il faut des sous. Beaucoup de sous. Mais question économie, il était fort aussi, le Philippe. Mieux que la TIPP flottante, il a inventé le TIPP brûlant. Le Templier Indexé en Petite Poussière. En gros, puisque les caisses de l'Etat sont vides, on choisit un groupuscule de riches réactionnaires déguisés comme s'il se produisaient au gala du Puy-du-Fou et on les brûle tous. Non sans les avoir torturés un chouilla pour leur faire avouer où ils ont caché leurs bas de laine en côtes de maille.
 
cotes de mailles.jpg
Exemple de bas en cotes de mailles.
déconseillé au portique de l'aéroport.
 
Le chef de ces Templiers s'appelait Jacques de Molay. Et tandis que les oeufs de Molay étaient en train de frire sur le bûcher, il aurait lancé un phrase mystique, le genre de prophétie à deux balles qu'on case à la fin des films de série B quand les scénaristes se ménagent la possibilité de faire une suite.
 
Dans un premier temps, il cria : "Luke, je suis ton père !"
Mais comme personne ne réagit (il est con aussi, il n'y avait pas de Luke autour du feu de camp), il lance de façon beaucoup plus solennelle :
 
" Pape Clément, chevalier Guillaume de Nogaret, roi Philippe, avant un an, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu. Maudits, vous serez tous maudits, jusqu'à la treizième génération de vos races ! "
 
Mouais. Sur le coup, ça n'a empêché personne de laisser le feu se consumer et d'aller ripailler tranquillement en riant de bon coeur des facéties des troubadours tout en troussant nonchalamment une soubrette à l'heure du pousse-café.
 
Pourtant, la suite laissera penser que les Templiers, en plus du gros glaive, ils avaient aussi les boules de cristal. En effet, la malédiction prononcée va commencer rapidement à se vérifier...
 
Mais tel un épisode de série B, l'article s'arrête là pour aujourd'hui !!!
 
 
La suite la prochaine fois.
Et nous évoquerons ENFIN le destin de Louis, 10ème du nom.
Il y aura du suspense...
Il y aura du sexe (oh oui, oh oui !)
Il y aura des scènes insoutenables (Aaaarrgghhh !)
Il y aura de l'humour (à deux balles, domme d'ab...)
 

 

04.08.2009

L'aimant est dans le placard

 
   
Ah ! Quel plaisir de retomber sur une étude débile à souhait...
Les études sans queue ni tête, j'adore. Même si je me demande toujours quel est le décideur qui a mis la main à la poche pour que telle ou telle étude soit réalisée.
 
Dans le cas présent, une étude parue dans le Daily Telegraph cherche à savoir combien de temps, en temps cumulé sur une vie entière, une femme passe devant son armoire à choisir ses vêtements.
C'est clairement une étude qui va faire avancer la science, le progrès, l'humanité.... et pas du tout le sexisme.
 
Déjà, ce qu'il faut noter, c'est que c'est une étude anglaise, donc. Or, a priori, les anglaises ne sont pas réputées pour être les femmes les plus raffinées du monde. On peut même dire que le choix vestimentaire d'une jeune anglaise est généralement orienté vers le choix de la tenue qui sera la plus propice à la troussade à la va-vite, à l'heure de la fermeture du pub, par un quidam patibulaire et titubant, qui noie ses râles de plaisir masculin au milieu d'éructations sonores aux relents de houblon fermenté.
 
L'étude à été tout de même menée sur un échantillon représentatif de 2491 femmes agées de 16 à 60 ans. Mais qui est donc la plus longue à choisir ? la jeune anglaise sexuellement hyper-active qui se demande si la mini-jupe en skaï ça se retrousse facilement et si la micro jupe léopard se nettoie aisement des tâches suspectes chargées d'ADN, ou bien la respectable quinquagénaire qui se demande si pour aller prendre le thé chez Gwladys, il faut mieux l'ensemble en tweed gris avec des rayures beiges ou bien l'ensemble en tweed beige avec des rayures grises.
 
ça ont ne sait pas car l'étude ne donne que la moyenne générale... dommage, non ? Ou pas.
 
"Mais alors ? alors ?" vous demandez-vous fébrilement, je vous entends d'ici.
Le résultat de cette étude sociologique, c'est quoi ?
 
Et bien, sachez qu'une femme anglaise passe en moyenne 297 jours de sa vie plantée devant son armoire à se demander ce qu'elle va bien pouvoir se mettre sur le cul ! (et ailleurs).
ça change la vie de savoir ça ,non ? 10 mois complets d'hésitation devant la pile de fringue...
Moi, je pense que ça devrait être un bon argument publicitaire pour IKEA, parce que vu le temps qu'on passe devant, autant choisir une belle armoire. 
 
frusque02.jpg
C'est vrai qu'il faut faire un peu attention aux couleurs, parfois...
 
 
Sachez tout de même que le temps moyen passé par une femme devant son armoire approche les 20 minutes par jour.
... Et bien en tant qu'homme, donc forcement un peu macho et moqueur, ça ne me choque pas plus que ça. En gros, comme le précise l'étude sociologique approfondie, ça fait moins d'un 1/4 d'heure chaque jour et la conclusion est que c'est pour les sorties du samedi soir et les soirées de fêtes type Noël ou le jour de l'an que le choix vestimentaire est le plus long. 
...je ne sais pas combien a couté cette étude mais ils m'auraient donné la somme, je leur donnais la conclusion en 5 minutes ! 
 
(mais tout de même 52 minutes pour les 20/30 ans pour la fête de Noël, c'est m'épate...)
 
 
Bon, les féministes sauront gré aux auteurs de n'avoir pas décliné le sujet avec "combien de temps une femme passe-t-elle à se maquiller ?" ou bien "combien de temps une femme passe-t-elle à faire du shopping ?"
 
... Et puis, nous, les hommes romantiques, on ne va pas se plaindre que les femmes se pomponnent un peu avant la pomponnette, non ?
 
« Même si les hommes qui s'imaginent que les femmes s'habillent pour eux sont des naïfs ! … Mesdames, vous ne vous habillez pas pour les hommes… vous vous habillez contre les femmes ! »
(... Ce n'est pas de moi, c'est du grand Sacha Guitry, qui s'y connaissait en turpitudes féminines)
 
Pour finir sur ce sujet sans fin qui est la relation quasi-charnelle entre la femme et la frusque, je voudrais répondre à quelqu'un qui m'a dit un jour : " Oui, les femmes aiment le shopping mais si elle n'en faisaient pas, leurs hommes auraient le même slip pendant 20 ans !
 
...Soit, ce n'est pas toujours faux. 
Malheureusement. Dans les deux sens.
 
Parce que pour une épouse qui sauve la couche d'ozone en jetant le slip du mois dernier de son cher et tendre (et gluant), combien s'octroient le droit de décider de la tenue de leur époux alors que celui-ci n'a rien demandé ?
 
Ceux-là peuvent hurler : « Arrêtez nous acheter des vêtements ! »....

« Regarde, mon chéri, je t'ai fait une surprise. J't'ai rapporté un tee-shirt, il est mignon comme tout »
Et le pauvre gars se retrouve avec le truc ringard, immettable, rose à bandes violettes ou à petits pois verts soi-disant « bien assortis à ses chaussures », pire que le maillot de meilleur grimpeur du Tour, et il est obligé de faire semblant d'être content sous peine de crise à côté de laquelle le conflit Israëlo-Palestinien passerait pour une dispute de cour de récréation.
  
Frusque01.jpg
Le genre de sous-pull "si mignon" qu'une des femmes ci-dessus pourrait offrir à son homme...
 

Ensuite, il est obligé de le porter, forcément, sinon ce sont des jérémiades à faire pleurer un cageot d'oignons, et il se retrouve à la soirée entre copains affublé de son drapeau Tchétchène à manches courtes, et comme il fait 35° en plein mois d'août il n'a même pas pu avoir l'excuse du pull à passer par dessus.
Je ne vous parle pas de la tronche hilare des copains, qui lui demandent si c'était cher chez Emmaüs.
Le seul bon moment de la soirée, finalement, c'est quand les panthères desdits copains demandent à sa femme où elle a déniché ce magnifique objet, pour pouvoir offrir le même à Marcel pour son anniversaire...

Au final, je crois qu'il vaux mieux laisser les hommes chosir leurs fringues. Au pire, Mesdames, vous rigolerez de bon coeur ! Et si vous voulez vraiment achetez des habits pour les autres, pensez à votre chien...

 

Chien01.jpg

Son regard veut tout dire, non ?

 

NB : Non, je ne me transforme pas en blog de modasse !

A la semaine prochaine... normalement. Bonnes vacances aux aoutiens.... et bon courage aux juilletistes.