Aujourd'hui, je vais vous raconter l'histoire d'un petit gars nerveux qui veut jouer au roi.
Un gars qui est cocu comme un bonobo quand il accède au trône mais n'aura aucun scrupule à épouser une starlette du moment juste après son accession au pouvoir.
L'histoire se passe dans le 14ème.
Non, pas autour de Montparnasse, d'ailleurs, la tour n'existait pas encore (Mais Ben Laden n'y était pour rien).
Je parle du 14ème siècle. A une époque où il n'y avait ni I-pod, ni I-phone, ni I-mac. Juste de l'aïoli.
Le gars en question, il s'appelle Louis. Je sais, ce n'est pas très original mais à cette période, si tu voulais réussir ta vie et t'offrir une Rollex de 2 tonnes à agrafer sur le clocher de ton église avant tes 50 ans, il valait mieux s'appeler Louis que Kevin, Brandon, ou Dylan. Surtout qu'en France, les gens avec des patronymes d'origine anglo-saxonne, on avait plutôt tendance à les empaler et les mettre au tourne-broche.
Notre Louis, il faut avouer qu'il avait tout pour réussir dans la vie vu qu'il avait un piston d'enfer. son Papa.
En effet, le père de Louis avait réussi dans la fonction publique puisqu'il était Roi de France et de Navarre. (je crois savoir qu'il a sauté pas mal d'échelons). Et il avait réussi comme roi, même si ses opposants ne sont pas vraiment d'accord. Mais bon, ils n'ont pas eu vraiment le temps d'exprimer leur désaccord bien longtemps... les syndicalistes de l'époque avaient une espérance de vie somme toute assez limitée.
Ce père, donc, c'était Philippe IV. Appelé aussi Philippe-le-Bel par des hordes de soubrettes et de paysannes qui ornaient l'intérieur de leur bergerie de posters en parchemin à l'effigie de ce roi dont la beauté et la prestance conféraient parait-il au divin. Philippe était donc beau, mais aussi intelligent. C'est d'ailleurs pour ça qu'il ne fit pas boy-band où animateur TV mais roi. C'est lui qui aida grandement à la centralisation du royaume ce qui en permis une administration plus serrée.
Ma qué ! Quel bel homme !
En fait, c'est lui qui fit passer la France d'une monarchie féodale, où le pouvoir dépend de l'humeur du jour des différents vassaux, à une monarchie absolue ou le pouvoir local est géré par des ministres du roi. Et pour augmenter la centralisation, Philippe-le-Bel a initialisé la tenue d'assemblées formées de représentants des 3 classes : clergé, noblesse et bourgeoisie et qui allaient devenir ensuite les "Etats Généraux". Par contre, vous noterez qu'on reste entre gens du monde. Point de tiers-etat, de gueux, de plèbe, de manants. Il faudra encore attendre 4 siècles pour ça... Mais il faut les comprendre : Discourir des heures durant avec des gens du peuple qui ne savent pas ce qu'est une brosse à dent, à qui il reste 3 chicots aussi noir qu'une bite au cirage et dégageant des effluves buccales faisant penser à une vache en putréfaction depuis 15 jours dans les eaux du Gange, ça ne poussse pas à militer pour la démocratie participative.
Bien sur, Philippe-le-Bel fit aussi un peu la guerre.
"Et la guerre, c'est pas bien" comme criaient plus récemment les beatniks affublés de chemises orange et de pantalons jaunes sur des espadrilles vertes, le regard enfumé de marijuana, le nez poudré de cocaïne, l'estomac retourné par du LSD et la nouille épuisée d'avoir copulé frénétiquement avec tout ce qui bouge, de la petite nièce à l'octogénaire grabataire sous prétexte qu'il fallair s'affranchir de la morale.
Oui, la guerre, c'est pas top comme hobby. Mais quand il n'y a pas de World Of Warcraft sur la console ni de Rambo à consoler à la TV, pour te défouler un peu, tu fais la guerre. Surtout que c'est sain comme sport, ce n'est jamais toi qui morfle quand tu es roi. Tu as toujours le "cheat code" pour l'option vie illimitée.
Philippe-le-Bel, il décida d'aller faire la guerre dans les Flandres. Surement histoire d'aller boire de la Leffe et de savoir prononcer Hoegaarden convenablement. Pourtant, la bière et l'accent flamand, ce sont deux sujets qui faillirent causer sa perte :
Le robinet magique... Je veux le même !
En 1302 dans l'épisode des "Matines de Bruges", des insurgés flamands attaquèrent une des garnisons françaises de la ville. Afin de pouvoir reconnaître les Français à leur accent (puisque les Français ne portent pas de berêt au combat), les insurgés demandaient à leurs occupants de répéter en flamand « Schild of vriend ?» ( bouclier ou ami ? ). Plus de 1000 soldats français de la garnison sont démasqués et assassinés au pied du lit.
(et surement 5 ou 6 flamands bègues)
(et 2 qui mangeaient des Chamallows)
Mourir en essayant de parler flamand, c'est vraiment une mort atroce.
En 1304, lors de la bataille de Mons-en-Pévèle, Philippe a une idée de génie : Il fait crever les futs de bière que l'ennemi avait stockés sur un promontoire afin de désaltérer ses soldats... Il imagine l'adversaire, éreinté par des heures de combats sous des armures encore plus transpirante que la tenue du policier des Village People, la victoire est là, toute proche... Sauf que, autant les flamandes dansent sans rien dire, sans rien dire au dimanche sonnant, autant, le flamand, quand on lui sucre sa bière, il devient vite aigri. Et c'est pourquoi, privée de bière mais ivre de colère, l'avant-garde de l'armée flamande se rua à l'assaut aux mépris de toutes les règles de bienséances qui veulent qu'on attendent la fin de la sieste pour jouer à Grey's Anatomy et s'intuber mutuellement à coups de hallebardes. Le front français, en train de cuver son vin de Moselle ou en pleine partie d'osselets avec les métacarpes des copains morts l'avant-veille, se fait allègrement enfoncer et les flahutes atteignent les campements du roi... On est proche du drame... Heureusement, c'est l'heure de la sieste et le roi, ayant certainement trouvé une flamande qui trousse sans mollir, sans mollir au dimanche sonnant, était fort peu vêtu, en tout cas assez peu pour qu'on ne puisse guère le distinguer de la soldatesque de base. On a échappé au pire, l'armée française se reprend et finalement les troupes flamandes sont réduites à l'état de Waterzooi périmée.
Bien sur, pour jouer à faire la guerre, il faut des sous. Beaucoup de sous. Mais question économie, il était fort aussi, le Philippe. Mieux que la TIPP flottante, il a inventé le TIPP brûlant. Le Templier Indexé en Petite Poussière. En gros, puisque les caisses de l'Etat sont vides, on choisit un groupuscule de riches réactionnaires déguisés comme s'il se produisaient au gala du Puy-du-Fou et on les brûle tous. Non sans les avoir torturés un chouilla pour leur faire avouer où ils ont caché leurs bas de laine en côtes de maille.
Exemple de bas en cotes de mailles.
déconseillé au portique de l'aéroport.
Le chef de ces Templiers s'appelait Jacques de Molay. Et tandis que les oeufs de Molay étaient en train de frire sur le bûcher, il aurait lancé un phrase mystique, le genre de prophétie à deux balles qu'on case à la fin des films de série B quand les scénaristes se ménagent la possibilité de faire une suite.
Dans un premier temps, il cria : "Luke, je suis ton père !"
Mais comme personne ne réagit (il est con aussi, il n'y avait pas de Luke autour du feu de camp), il lance de façon beaucoup plus solennelle :
" Pape Clément, chevalier Guillaume de Nogaret, roi Philippe, avant un an, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu. Maudits, vous serez tous maudits, jusqu'à la treizième génération de vos races ! "
Mouais. Sur le coup, ça n'a empêché personne de laisser le feu se consumer et d'aller ripailler tranquillement en riant de bon coeur des facéties des troubadours tout en troussant nonchalamment une soubrette à l'heure du pousse-café.
Pourtant, la suite laissera penser que les Templiers, en plus du gros glaive, ils avaient aussi les boules de cristal. En effet, la malédiction prononcée va commencer rapidement à se vérifier...
Mais tel un épisode de série B, l'article s'arrête là pour aujourd'hui !!!
La suite la prochaine fois.
Et nous évoquerons ENFIN le destin de Louis, 10ème du nom.
Il y aura du suspense...
Il y aura du sexe (oh oui, oh oui !)
Il y aura des scènes insoutenables (Aaaarrgghhh !)
Il y aura de l'humour (à deux balles, domme d'ab...)