14.04.2009

A usage unique.

 
"J'ai mis de l'ordre à mes cheveux
Un peu plus de noir sur mes yeux
Par habitude
J'avais oublié simplement
Que j'avais deux fois 18 ans."
Dalida (Larusso du XXème siècle) - Il venait d'avoir 18 ans
 
 
... Une paupière s'ouvre. Lourde, forcément lourde. Un regard périphérique mono-oculaire qui renvoie un résultat propice à l'inquiétude... Tu ne reconnais pas l'environnement , le doux confort de ta chambre à coucher, son désordre familier, sa table de nuit avec ses deux tiroirs, le premier garni d'un livre aux pages cornées, de pastilles pour la toux, d'un demi alka-seltzer et d'une petite clé. Alors qu'il y a donc dans ton premier tiroir tout ce qu'il faut pour bien dormir, il y a dans le second tiroir, astucieusement fermé par la clé cachée dans le premier tiroir, tout ce qu'il faut pour ne pas dormir : Des préservatifs, même si tu sais que tu risques l'excommunication à chaque utilisation, un petit gel en tube qui sert de destop pour canalisations féminines (eau et gaz à tous les étages), et une paire de menottes en fourrure rose que des amis t'ont offerte pour t'aider à lutter contre le célibat mais que tu n'as jamais osé sortir en présence d'un occupant intérimaire de ton lit.
 
Mais oublie ton biotope nocturne habituel, tu comprends que tu n'es pas chez toi. D'ailleurs, la masse inerte et ronflante qui git à tes côtés te renseigne sur la situation : Tu as manifestement eu très récemment une relation charnelle avec un individu de sexe concave. Machinalement, tu glisses une main sous la couette et au contact direct de ta convexitude légèrement gluante et non pudiquement voilé d'un quelconque sous-vêtement, tu entérines ce postulat.
 
A ce moment-là, tu vas réfléchir à la vitesse d'Einstein face à la grosse cagnotte de la roue de la fortune. Et donc tout de même troublé par le décolettée plus qu'aguicheur de la potiche blonde de service. Première étape, le prénom. A ces satanées prénoms, ils se ressemblent tous ! Et en plus les femmes sont susceptibles, là-dessus, c'est ballot tout de même. Pour essayer d'activer ta mémoire visuelle, tu te penches maladroitement sur ta collègue de rodéo en priant qu'elle ne se réveille pas à ce moment-là. Tu la regardes droit dans les yeux bouffis.... Tu cherches à connecter quelques synapses manifestement en RTT... Puis tu essaies d'analyser : Elle a une tête à s'appeler comment ? Si les premiers prénoms qui te viennent à l'esprit sont Rita, Berthe, Médor ou Casimir, il va falloir songer  à une retraite stratégique. Non, ça n'a rien de déshonnorant. Même si Cambronne a dit "la garde meurt mais ne se rend pas", toi, tu sens que pour le garde à vous, c'est mort. Et puis il a beau causer, Cambronne, là c'est toi qui est dans la merde...
 
Bref, après une nuit de luxure avec une inconnue dont tu as peut-être envie qu'elle le reste (inconnue), tu as décidé, après une longue réflexion philosophique et une rapide estimation de la masse de ta concubine d'un soir, que tu allais arrêter là les expériences ultimes que même Jackass n'oserait pas tenter. Il va donc falloir partir, se casser, mettre les voiles, se débiner, bref partir comme un prince.
 
C'est donc à cet instant précis que plusieurs options s'offrent à toi. Qu'il va falloir faire des choix.
 
- Première option, sachant que malgré tout tu es un homme nu et libidineux allongé à 10 cm d'une femme nue et en journée "Portes ouvertes", il serait dommage de ne pas profiter des offres promotionnelles. Ah, les affres du consumérisme ! Tu te rapproches de la donzelle, tu commences à lui carreser les fesses et lui masser le dos en lui disant "j'aime le grain de ta peau", etc. Alors, qu'objectivement, ces instants de douceur ont pour unique but d'attendre le réveil de Popaul. Bon, se déroule ensuite se qui doit se dérouler (je rappelle qu'ici c'est un blog mondain, on ne parle pas de cochoncetés !), et au moment final, après le râle rauque et guttural qui caractérise ton accomplissement, tu peux lui dire "C'est tellement plus beau de se quitter sur un orgasme"....
 
- Seconde option, la fuite discrète. "Carpe Diem" a dit le poète. Toi, tu as Carpeté la veille et Diem, tu irais bien retrouver ton chez-toi, tes redif' sur europsort et l'apéro avec les copains. Sans te prendre la tête. Et qui dit pas de prise de tête dit pas de discussion (oui, ça c'est un postulat masculin indérrogeable). Tu vas donc chercher à parcourir la distance séparant le lit éphémèro-conjugal de la porte d'entrée en faisant le moins de bruit possible. Sachant que tu ne te souviens pas ou se trouve la porte d'entrée. Et il va falloir essayer de récupérer tes habits au passage... Déjà, pensée pudique, ton caleçon. Ayant un flash sur la soirée, tu regardes machinalement au plafond et te sens rassuré sur ton hygiène en voyant que ton caleçon n'y est pas resté collé. Par ailleurs, statistiquement, il y a toujours au moins une chaussette que tu ne retrouves jamais. Mais bon, un mi-bas de la demoiselle fera l'affaire pour le trajet.
Dernier point : Si tu crois que tu as réussi toutes les épreuves par coeur, qu'il ne te reste qu'à refermer la porte et que malencontreusement tu la claques un peu bruyamment, un conseil, coupe illico ton portable. Et cours Forrest, cours...
 
- Avec la seconde option, il y a aussi la variante B : la fuite est la même mais l'esprit chevaleresque qui te caractérise te pousse à laisser romantiquement sur la table de chevet un petit mot. Mot de remerciement, mot tendre, mot formel ? Peu importe, en fait. Objectivement, quel que soit le mot, que ce soit du Verlaine ou du IAM, de la sténo ou des vers en alexandrin, ça ne changera pas l'humeur de la demoiselle. Si elle pensait t'insulter  à distance en voyant ton départ, elle le fera, si elle pensait pleurer ou se mettre la tête dans le four, elle le fera et si elle pensait juste se finir avec son Rabbit, elle le fera aussi... Et puis le petit mot, il faut l'écrire et il n'est jamais aisé de trouvé du papier et un stylo dans un logis inconnu.
Donc si vraiment ta conscience te turlupine et que tu n'envisages pas la fuite sans mot d'excuse, un bon conseil, prépare le à l'avance. Soyons honnête, quelle qu'ait été la soirée, tu mettras toujours la même chose ! Soit tu es quelqu'un de bien et tu diras un mot gentil sur la beauté du moment vécu, soit tu veux vraiment couper les ponts et tu n'hésitera pas à formuler un pieu mensonge comme "désolé mais je suis bi, sans un autre copain qui participe, je trouve ça fade" ou alors "ça aurait pu marcher mais je pars 5 ans en mission d'exploration chez les Inuits, c'est dommage".
 
- Troisième option, la gentleman attitude. Il se lève discrètement, s'enfile une fringue sur le cul, lance la cafetière electrique s'il l'a trouvée et descend chercher des croisssants. C'est beau. C'est romantique. c'est chevaleresque... Et c'est parfois risqué ! Es-tu sur qu'en revenant tu trouves toujours porte ouverte (au sens propre, cette fois-ci) ? Es-tu persuadé qu'une fois reposée et les vapeurs d'alcool dissipées, la demoiselle aura envie d'un petit déjeuner tendre et sans honte avec l'homme à qui elle a dit quelques heures avant "vas-y, prends moi comme chienne, j'suis ta p'tite pute !" ou autres élans vocaux désinhibés ? Surtout si au petit matin, avec la fatigue et sans le maquillage, elle a du mal à assumer avoir annoncé fièrement seulement 23 ans au compteur...
 
Et puis au final, toi qui objectivement courrais après la bagatelle avec une jolie vingtenaire, essaie de ne pas t'étouffer avec ta viennoiserie si la presque-quarantenaire sussures à 5 cm de ton oreille : "c'est tellement beau une histoire d'amour qui commence...."
 
Finalement, parfois, on a pas le choix, faut assumer...
 
 
Je me gausse là gentiment des galopeurs impénitents.
Mais une prochaine fois, je me moquerai de ceux qui
n'ont même pas cette chance, de ceux qu'on laisse bloqués
sur le palier au moment fatidique...
 
Je parle au masculin parce que c'est lourd de dire il/elle à chaque fois.
Mais sur 90% des points, ça marche pareil dans l'autre sens !!!
  
   ...P'tain, j'écris vraiment n'importe quoi !
Saint-Anne, c'est où ?

12.11.2008

Le dilemme de la salle de bain

 

 

"Ah, c'qu'on est bien,

Quand on est dans son bain !

On fait de grosses bulles,

On joue au sous-marin,

Ah, c'qu'on est bien,

Quand on est dans son bain !"

Chanson débile

 

 

 

Je suis désolé de devoir changer de façon intempestive la programmation de ce blog mais mon appareil photo ayant fait une plongée en apnée dans l’océan indien, la récupération de mes photos va être légèrement plus longue que prévue. Par conséquent, devant les attentes de la foule libidineuse et en liesse, nous allons aborder une question existentielle et légèrement sexuelle. Oui, vous avez bien lu, sexuelle. Ici, chez moi, dans l’antre de la bienséance…

 

 

Attention, dans le texte qui va suivre, je vais me mettre dans la peau du garçon, c’est un rôle de composition beaucoup plus aisé pour moi.

 

Plantons donc le décor du premier acte : Un diner romantique avec l’élue de votre cœur. Un bon restaurant, une coupe de champagne, une bonne bouteille de Margaux pour le repas, tout est parfait. Votre dulcinée succombe petit à petit et le repas se passe dans une béatitude niaise et totale. Vous avez vos yeux dans ses yeux, votre pied sur son pied, votre main dans sa main, vous ne vous lâchez plus. C’est mignon… bon, le repas dure 3 heures parce que manger une côte de bœuf avec une seule main c’est difficile mais rien ne résiste à un cœur amoureux.

 

Fin du repas : Vous sautez dans un taxi qui doit, comme la bienséance l’exige, déposer tout d’abord Madame à son logis. Sur la banquette arrière, les choses s’accélèrent. Sa langue vous caresse la glotte, votre langue lui chatouille les amygdales. Et comme vous avez terminé votre côte de bœuf, vous avez enfin une main de libre pour entamer une mammographie en règle du téton gauche (c’est le côté du cœur, c’est beaucoup plus romantique).

Une fois arrivés devant le nid de la belle, celle-ci vous invite tout naturellement à boire un dernier verre. Remonté comme un coucou qui s’est coincé la roupette gauche dans le mécanisme, vous accepter illico.

 

Sur place, une fois le verre vite sifflé car personne n’avait vraiment soif, vous accélérez les préliminaires. Gallochage, plotage, effeuillage, le tout sur un rythme sensuel et enivrant. Et à cet instant, lorsque vous vous apprêtez à poser la main sur la fermeture arrière de sa jupe droite qui était déjà roulée autour de sa taille, votre promise se dégage subrepticement de vos tentacules et vous glisse dans le creux de l’oreille, en même temps qu’un doux baiser, la phrase magique : « Je passe à la salle de bain, je reviens tout de suite, mets-toi à l’aise »….

 

Gnééé ????

 

Attention, la question du jour n’est pas de savoir ce que Madame va faire dans la salle de bain. On imagine bien qu’elle se rafraichit un peu là ou elle a chaud, voire qu’elle prend une vraie douche, ou se lave les dents, ou s’enfile un tube de spermicide à l’acide sulfurique. Les cas où la dame ressort avec cravache et uniforme en latex ou bien avec la perruque à la main et le service trois pièces en évidence ne sera pas débattu ici.

 

SDB.jpg
pas facile de chanter sous la douche, comme ça...
 

 

Mais voilà, messieurs, lorsque votre belle s’est absentée quelques instants dans la salle de bain, quelle est la bonne attitude à adopter ? C’est un vrai dilemme, non ? On hésite, on a peur de mal agir, bref, on sent bien qu’une faute de goût peut gâcher la magie de l’instant.

 

Déjà, il y a des actes à proscrire : Fouiller dans son sac pour checker ses SMS (quoique…) allumer son PC pour entamer une partie de World of Warcraft, Allumer la TV pour voir la fin de PSG / Lyon (et ça, pourtant, j’en connais qui l’ont fait !) et entamer la lecture de l’intégrale de Balzac trouvée dans sa bibliothèque.

 

Mais il y a plusieurs écoles. Il y a celle de « on laisse les choses là où elles s’étaient arrêtées ». C’est-à-dire qu’on reste dans le salon, on se ressert un verre tranquillement, on peut regarder la TV mais QUE si elle était déjà allumée, voire mieux encore on peut prendre l’initiative de changer la musique pour mettre une musique douce.

Parallèlement, il est de bon ton de se mettre dans une tenue select et pratique, c'est-à-dire qui pourra s’ôter aisément, Bref, on remet la chemise mais on la laisse ouverte sur les pectoraux et on peut accélérer les choses en enlevant ses chaussettes car enlever ses chaussettes à son homme pour une femme ne revêt pas le même caractère érotique qu’enlever des bas pour un homme.

Ça, c’est donc l’option soft.

 

Attention, avant d’évoquer les autres options, notons que si la Miss éprouve le besoin de se faire belle et propre, on peut imaginer qu’elle attend un minimum d’hygiène de votre part. S’il y a une autre salle de bain ou même un évier, y passer rapidement pour se rafraichir le visage, se laver les dents et enlever le nerf de bœuf de 15 cm coincé entre les incisives, ce n’est pas trop. Pour l’haleine, s’il n’y a rien de mieux, un grand verre de Get 27 fera l’affaire…

 

Sinon, il y a aussi l’option plus directe où on se prépare au combat. En clair, où on s’installe sur le ring… Enfin, dans la chambre. Et là, les interrogations foisonnent de plus belle : faut-il se mettre nu ou rester en sous-vêtements ? Si vous avez un vieux slip kangourou troué, n’hésitez pas. Par contre, dans le cas contraire, se faire enlever son dernier rempart par sa douce, c’est un plaisir qu’il faut s’autoriser. Et faut se mettre sur le lit où dans les draps ? Parce que la vision du mec directement à poil avec le périscope à 90°, c’est peut-être un peu direct…. A l’inverse, la durée de connivence entre une fille et sa salle de bain étant parfois très longue, il ne faut pas non plus que le soufflé retombe totalement. En tout cas, il faut qu’il soit près à repartir illico. Donc éviter de penser à sa réunion du lendemain avec son patron, et encore plus de prendre des notes professionnelles sur la dernière page du Biba qui traine sur la table de nuit, ouvert à la page psycho-sexo-test.

Et bien entendu, le truc primordial, c’est tout de même de ne pas s’endormir… Parce que ça fait sourire mais je suis sur que c’est arrivé au moins une fois à chaque mec ! (Bon, si tout le monde me dit « non », j’aurai l’air d’un con, moi…)

 

Pour passer le temps et rester dans l’ambiance, Monsieur pourra mettre ce moment à profit pour « préparer » le nid d’amour, à savoir poser deux coupes sur la table de nuit, voire également un verre d’eau. Attention, si vous avez un dentier, ne faites pas le geste machinal de le mettre dans le verre d’eau ! De même, l’homme pourra poser discrètement quelques préservatifs à côté du lit. Ce qui ne veut pas dire les aligner sur la table de nuit par ordre de couleurs, de gouts ou de tailles de picots.

 

Bref, quoi qu’on fasse, on restera toujours dans l’expectative quand à savoir si on a choisi la bonne option…Mesdames vous ne pouvez pas imaginer l’angoisse dans laquelle vous nous laissez lorsque vous vous éclipsez pour vous rafraichir.

 

Finalement, pour évitez de tergiverser, le mieux est peut-être de proposer d’accompagner la belle sous la douche… même si d’expérience, 2 fois sur 3 elle refusera poliment. Mais au moins vous aurez mis en avant votre gout pour l’hygiène, votre volonté de ne pas quitter votre aimée et même ce soupçon de perversité qui se lisait dans votre regard quand vous lui avez dit que vous vouliez lui savonner le bas du dos…

 

Alors, Messieurs, devant le dilemme de la salle de bain, comment réagissez-vous ?

 

Et surtout, Mesdemoiselles, si vous voulez lever un coin du voile sur ce que vous attendez dans ce crucial moment pré-coïtal, n’hésitez pas !

 

 

 

Si tout se passe bien avec mon appareil photo qui ne marche

 pas sur l'eau, retour à Madagascar la semaine prochaine...