23.04.2009
Barbaradine ou barbaracole ?
Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet sérieux. D'un sujet grave.



Mes hommes,
Moi devant, et eux derrière,
Mes hommes
Et si j'allonge le pas,
Ils me suivent pas à pas.
Je ne leur échappe pas,
Mes hommes, mes hommes.
Où que je sois, ils sont là,
Mes hommes.
Je n'ai qu'à tendre les bras,
En somme.
Je les regarde venir,
Fière de leur appartenir.
C'est beau de les voir sourire,
Mes hommes.
Moi qui suis fille des brumes,
En somme,
De la nuit et de la lune,
Tout comme,
Quand j'arrive, le teint clair,
Moi devant et eux derrière,
Je comprends bien que les gens
S'étonnent, s'étonnent
Car, ils viennent de Tunisie,
Mes hommes,
Marseille, Toulon, le Midi,
Mes hommes.
Ils marchent avec insolence,
Un petit rien dans la hanche.
Ça ressemble à une danse,
Mes hommes.
Ils ne m'appellent pas Madame,
Mes hommes
Mais, tendrement, ils me nomment
Patronne.
Ils se soumettent à ma loi.
Je me soumets à leur loi.
Que c'est doux d'obéir
A mes hommes.
Ils se sont fait sentinelles,
Mes hommes.
Ils pourraient même être cruels,
Mes hommes.
Ils me veillent, comme moi
Je les veille quelquefois.
Moi pour eux, et eux pour moi,
Mes hommes.
Quand naissent les premières feuilles
D'automne,
Quand le chagrin se fait lourd,
Mes hommes,
Vont se mettre, sans un mot,
Debout autour du piano
Et me disent tendrement,
Patronne, patronne.
C'est fou comme ils sont heureux,
Mes hommes,
Quand le son du piano noir
Résonne.
Ils vont faire leurs bagages
Et on reprend le voyage.
Faut qu'ils voient du paysage,
Mes hommes.
Et voilà, d'un coup, on rompt la poésie et on repart dans le cliché ethnique. Ah, le gros son du piano à queue noir qui met Madame en résonnance ovarienne, on comprend vite de quoi il s'agit ! Et je ne dis pas ça parce que je suis blanc et pas gâté par la nature...
Quand descend la nuit furtive,
Mes hommes.
A pas de loup, ils s'esquivent.
Personne....
11:01 Publié dans La musique adoucit les moeurs | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : barbara, macramé, escort-boy, gigolos, baïonette, la bande à basile, la chenille
17.02.2009
Guillaume, tiens ta femme !
A la fin du mois prochain, c’est le printemps. Passé l’équinoxe débute la saison du bourgeon qui turgesce et des œufs qui éclosent. Et malgré la volonté mercantile des commerçants de voir la terre entière le lécher mutuellement les amygdales le 14 février, la nature n’en a cure. La saint-Valentin, c’est commercial, le printemps, c’est hormonal. Et en attendant de voir le soleil réchauffer l’atmosphère, les jupes raccourcir jusqu’au Sphynx et les nombrils piercés s’afficher ostensiblement comme un comédon sur le bout de l’appendice nasal, la déferlante commerciale du 14 février s’est abattue sur le consommateur exsangue qui doit choisir entre honorer ses échéances d’emprunt immobilier et honorer sa femme sur un lit recouvert de pétales de roses baccara à 70€ la botte. Et ça le botte moyen, en fait.


Pourtant, ça fait un bail que ça dure. 1500 ans, ou presque. Ca date de la fin de l’empire romain, lorsque celui-ci, converti au christianisme, à voulu remplacer par une fête chrétienne la fête païenne de Lupercalia qui célébrait le jour de la fécondité. Lors de cette fête se déroulait entre autres la Course des Luperques, une course au cours de laquelle des hommes à moitié nus poursuivaient des femmes à moitié nues et les frappaient avec des lanières de peau de bouc. Ces coups de lanières devaient assurer aux femmes la fécondité et une grossesse heureuse… Pour plus de précisions, Zette est une experte en lanière de bouc et autres rites utiles à la société.
Alors en toute franchise, courir derrière des femmes nues et les fouetter avec des lanières de bouc, je pense que ça m’aurait amusé un temps. Par contre, enchainer les magasins pour acheter des chocolats en forme de cœur, un pendentif en forme de cœur, un gâteau en forme de cœur, une bougie en forme de cœur tout ça dans le seul espoir de lui faire avaler un truc en forme de … bite une fois dans l’intimité, ça me casse l’élan romantique.
D’ailleurs, je ne suis pas le seul. En tant que digne et couillu représentant de la masculinité mondiale, j’ai reçu environ 2.790.000.000 mails sur le sujet (oui, le calcul est simple : 6 milliards d’habitants dont la moitié d’hommes, et je retire les 7% d’homosexuels estimés). Tous, donc, sont ulcérés de ces obligations faussement galantes et réellement mercantiles.
D’ailleurs, en parlant de nanas qui nous les brisent menus avec leurs rêves de gamines de prince charmant à deux balles, il y en a une qui est la reine. J’ai nommé Diane Tell et sa fameuse chanson « Si j’étais un homme »
(Normalement, c’est là que s’éclaire pour tous le titre complètement bidon de cet article)

Et donc, au nom de tous les hommes écrasés sous les revendications pseudo-romantico-feministes de notre amie quebéquoise, je me propose de faire une réponse à la chanson.
Moi, si j'étais un homme, je serais capitaine
D'un bateau vert et blanc,
Et voilà, c’est parti, ça commence fort, on plonge illico dans le cliché ! Tout de suite, on vante le prestige de l’uniforme. Pompiers, marins, légionnaires, manifestement, vous seuls avez droits à la copulation in utero. Nous autres, les costumes / cravates, les jeans / baskets, les tongs / chemises à fleurs, nous ne devrions pas avoir accès aux plaisirs autres que le coïtus in mano a mano ?
Pourtant, dans un certain nombre de chefs d’œuvre du 7ème art crypté, j’ai vu par exemple des plombiers dépêchés pour un problème de tuyauterie chez une ménagère de moins de 25 ans et se retrouver la salopette au cheville avant d’atteindre l’évier. Comme quoi ça arrive dans la vraie vie. (non, une salopette n’est pas une petite salope.)
Ensuite, on attaque sur le bateau « vert et blanc »… Plutôt étrange, comme couleur pour un bateau. C’est quoi ? Un chou-fleur qui flotte, peut-être ?
Moi, le truc vert et blanc que je vois parfois dans l’eau, c’est une spontex avec face grattante. Alors Diane, tu arrêtes tes conneries et tu termines la vaisselle, SVP !
D'une élégance rare et plus fort que l'ébène
Pour les trop mauvais temps.
Et voilà, on attaque le cliché racial ! Le fameux « bateau plus fort que l’ébène »… Madame veut du grand mat africain, c’est ça ?
… Et si elle va à une partouze avec des européens, elle dit quoi ? « c’est un fameux trois-mâts fin comme un oiseau » ?
Hissé-ôôÔÔÔ !!!
Je t'emmènerais en voyage
Voir les plus beaux pays du monde.
Je t’ai offert l’an dernier un abonnement à canal satellite avec Planète, Voyage et Ushuaïa TV, ça ne te suffit pas ?
Et puis je te rappelle qu’on a les fleurs de la voisine à arroser, mamie à aller voir à l’hospice, un bon de réduction Auchan à utiliser avant la fin du mois et un cycle De Funès qui va commencer sur ARTE-pour-les-cons (RTL, quoi). Alors les grands projets, on va attendre un peu si tu veux bien.
Je te ferais l'amour sur la plage
En savourant chaque seconde
Où mon corps engourdi s'enflamme
Jusqu'à s'endormir dans tes bras,
Alors là je rigole !
Toi qui refuses jusqu’à me faire une petite gâterie en voiture sur l’autoroute sous prétexte que des gens pourraient nous voir, là, subitement, tu as envie que je te prenne comme une bête entre le stand à chichis et les trampolines du Club-Mickey ? Et je devrai dire quoi pour l’ambiance romantique ? « Il est gros et il est chaud mon churros », c’est ça ?
Par contre, pour s’endormir après l’amour, je ne sais pas ce que tu attends de moi parce que franchement, j’y arrive très bien à chaque fois…
Mais je suis femme et, quand on est femme,
On ne dit pas ces choses-là.
Mais attention, je ne t’empêche pas de parler ! Juste, si tu pouvais attendre la mi-temps avant de me casser les pieds avec tes futilités…
Je t'offrirais de beaux bijoux,
Des fleurs pour ton appartement,
Des parfums à vous rendre fou
Là, ce ne sont pas les parfums qui me rendent fou, c’est l’attaque au karcher que tu fais sur mon compte en banque !
Et puis le coté bling-bling, ce n’est pas mon truc…
100 balles et un Mars, ça ne te suffit pas ? Bon, un Mars light parce que à ton âge, la cellulite, ça s’en va et ça revient mais franchement, ça revient plus vite que ça ne s’en va.
…Et non, promis, quand je t’appelle affectueusement « Tropicana », ça n’a rien à voir avec le phénomène peau d’orange. C’est juste parce que c’est exotique. C’est comme si je t’appelais « Vahiné »…
oui, Vahiné, c’est gonflé, aussi….
Et, juste à côté de Milan,
Dans une ville qu'on appelle Bergame,
Je te ferais construire une villa,
Alors là, par contre, tu me fais plaisir. Enfin des goûts simples. Ce n’est pas Milan, c’est la banlieue de Milan.
Par contre, tu sais, les banlieues sont les mêmes partout alors tant qu’à faire, un pavillon à Melun-Sud, c’est tout aussi bien. Et tu pourras même y aller avec ton Pass Navigo.
Mais je suis femme et, quand on est femme,
On n'achète pas ces choses-là.
C’est sur que vu ce que tu as claqué en gloss, mascara, rimmel, eye-liner, fond de teint, fard à paupières et rouge à lèvres le mois dernier, il ne doit pas te rester bézef’ sur ton argent de poche.
Non, non, non, c’est un peu facile de dire que c’est pour ME faire plaisir !!! tu sais, moi, l’expressionnisme allemand, bof… alors le visage trempé dans un pot de ripolin arc-en-ciel, ça ne m’excite pas plus que ça.
Il faut dire que les temps ont changé.
De nos jours, c'est chacun pour soi.
Ces histoires d'amour démodées
N'arrivent qu'au cinéma.
On devient économe.
Oui, les temps ont changé…. Tu as pris dix ans, ma chérie. Et dix kilos….
Et tes menstruations durent manifestement dix jours, désormais…
Et pour les grandes histoires dont tu rêves, ce n’est même plus au cinéma que ça arrive. Il n’y a que dans les Feux de l’Amour que l’on peut encore voir ça…
C'est dommage : moi j'aurais bien aimé
Un peu plus d'humour et de tendresse.
Mais là tu exagères ! je t’ai offert un pull en cachemire et le DVD de « Bienvenu chez les Ch’tis », si ce n’est pas de l’humour et de la tendresse, je ne sais pas ce qu’il te faut !
Si les hommes n'étaient pas si pressés
De prendre maîtresse...
Ah ! si j'étais un homme !
Ah non, tu ne vas pas remettre tes crises de paranoïa sur le tapis !
Ce n’est pas de ma faute si ma secrétaire cherchait son stylo sous mon bureau pile quand tu es rentrée, si la baby-sitter changeait son chemisier tâché pile quand tu es rentrée, si ma vieille copine a fait tomber une petite culotte de sa poche pile quand tu es rentrée et si la voisine a sonné nue à notre porte pile quand tu es sortie !
Je t'appellerais tous les jours
Rien que pour entendre ta voix.
Je t'appellerais "mon amour",
Insisterais pour qu'on se voie
Alors là, je ne connais pas une seule femme capable de supporter ce traitement d’amoureux transi plus d’une semaine. Ce n’est plus de l’amour, c’est harcèlement moral !
Et puis je t’envoie des smileys de temps en temps, c’est pareil, non ?
Et je t’appelle quand même tous les jours, non ? OK, pour savoir ce qu’on mange, mais c’est tout de même une délicate attention, je trouve.
Et t'inventerais un programme
À l'allure d'un soir de gala,
Depuis que tu as refusé de m’accompagné à PSG – Marseille alors que je m’étais démené pour nous trouver deux belles places, tu peux rêver pour que je t’organise de belles soirées ! On aurait vu un bon match, on aurait déguster une belle cassolette de moules chez Leon de Bruxelles, mais non, Madame veut de l’Opéra alors qu’elle ne parle même pas le macaroni lyrique !
Mais je suis femme et, quand on est femme,
Ces choses-là ne se font pas.
Ah ! si j'étais un homme,
Je serais romantique...
…Mais JE SUIS ROMANTIQUE !!!
C’est juste qu’on a pas la même notion du romantisme entre homme et femmes, c’est tout. Mais non, ne pleure pas, viens dans mes bras… mais oui je t’aime… et toi maman, tu ne voudrais pas un peu du sucre d’orge à papa ?…
La semaine prochaine, ça reste un mystère.
Même pour moi...
Mais sinon, je suis vraiment romantique !
Si, j'ai même un sac plastique "Interflora".
14:23 Publié dans La musique adoucit les moeurs | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note | Tags : diane tell, chatte sans poil, romantisme, femme et spontex, nakito
20.01.2009
Mon hamster se damne !

Y a des marins qui chantent
Les rêves qui les hantent
Au large d'Amsterdam
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui dorment
Comme des oriflammes
Le long des berges mornes
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui meurent
Pleins de bière et de drames
Aux premières lueurs
Y a des marins qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs océanes
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui mangent
Sur des nappes trop blanches
Des poissons ruisselants
Ils vous montrent des dents
A croquer la fortune
A décroisser la lune
A bouffer des haubans
Et ça sent la morue
Jusque dans le cœur des frites
Que leurs grosses mains invitent
A revenir en plus
Puis se lèvent en riant
Dans un bruit de tempête
Referment leur braguette
Et sortent en rotant
On continue l'allitération en R, le terme de "braguette" scelle définitivement toute ambiguïté mais le dernier mot ramène au mal dont souffre les marins. La boisson. Ils boivent trop de bières donc ils rotent. C'est un peu dégueu, quand même.
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui dansent
En se frottant la panse
Sur la panse des femmes
Et ils tournent et ils dansent
Comme des soleils crachés
Dans le son déchiré
D'un accordéon rance
Ils se tordent le cou
Pour mieux s'entendre rire
Jusqu'à ce que tout à coup
L'accordéon expire
Alors le geste grave
Alors le regard fier
Ils ramènent leur batave
Jusqu'en pleine lumière
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui boivent
Et qui boivent et reboivent
Et qui reboivent encore
Ils boivent à la santé
Des putains d'Amsterdam
De Hambourg ou d'ailleurs
Enfin ils boivent aux dames
Qui leur donnent leur vertu
Pour une pièce en or
Et quand ils ont bien bu
Se mouchent dans les étoiles
Et ils pissent comme je pleure
Sur les femmes infidèles
Dans le port d'Amsterdam.

11:35 Publié dans La musique adoucit les moeurs | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : amsterdam, brel, nécrophile, nécrophilie, belges mortes, anulingus















