23.04.2009

Barbaradine ou barbaracole ?

 

Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet sérieux. D'un sujet grave.

La prostitution.
 
Il y a quelques semaines, le sujet avait été abordé et sauvagement débattu chez  Connasseee, qui semble être une experte en putologie.
 
Attention, la putologie, c'est une science tandis que la pute au logis, c'est un hobbie, un peu comme le macramé.
Ceci dit, si tu étudies trop la putologie, tu finiras aussi avec le mât cramé...
 
HN_macramé.jpg
C'est ça du macramé.
Je commence mon nouveau rôle de bloggeur-modeuse fashion...
 
Par contre, j'avoue avoir un peu hésité suite aux discussions véhémentes au cours desquelles les féministes s'écharpent lorsqu'on aborde le sujet. Je n'ai aucune envie de voir mes lecteurs s'envoyer des noms d'oiseau et se voler dans les plumes pour des histoires de poules de luxe. Alors j'ai décidé d'habilement contourner les écueils du sujet...
 
Nous allons évoquez ici la prostitution masculine.
Le Gigolo, quoi.
 
Présenté comme ci-dessous, le sujet parait illico beaucoup plus consensuel à mon lectorat à talon.
(Non, Nicolas, pas toi)
 
HN_AmericanGigolo.png
Zola aurait dit :
Ce film est Gere-minable.
 
Cependant, étant très loin d'être un spécialiste en la matière, j'ai recherché une sommité dont l'expertise ne pourrait guère être mise en doute. Et j'ai finalement reçu l'aide d'une dame, d'une très grande dame, d'une personne que j'admire au plus haut point (sincèrement) :
 
Barbara 
(la chanteuse, pas la ligne de lingerie)
(Je n'ai rien contre la lingerie, ceci dit)
 
HN_barbara_01.jpg
 
Bon, son vrai nom, sur son avis d'imposition, c'était Monique Serf. C'est vrai que c'est moins glamour.
Elle a hésité à s'appeler Chantelle ou Darjeeling mais finalement, je crois qu'elle a bien choisi.
Et puis dès qu'il pleut sur Brest, on se rapelle Barbara. Donc très souvent....mais je m'égare, là.
 
En tout cas, c'est grâce à elle et à sa chanson Mes Hommes que j'ai pu appréhender le sujet avec tout le sérieux et toute la retenue qu'il mérite :
  
Ils marchent le regard fier,
Mes hommes,
Moi devant, et eux derrière,
Mes hommes
Et si j'allonge le pas,
Ils me suivent pas à pas.
Je ne leur échappe pas,
Mes hommes, mes hommes.
 
C'est par une allégorie de connivence que l'auteur débute le texte. En effet, Barbara était une fan inconditionnelle de Brassens dont elle a repris moult chansons. Donc "Moi devant et eux derrière" fait référence au "petit cheval blanc, tous derrière et lui devant" de Brassens. Oui, la narratrice est le petit cheval blanc, oui, elle est dans la seconde période de sa vie et sa tête se couvre de cheveux blancs. Belle métaphore pour évoquer son âge sans le citer, classique coquetterie féminine.
 
Et à son âge, cette dame a des étalons (oui, toujours le champ lexical équestre) qui la suivent pas à pas ? Pas besoin d'utiliser les mots qui fâchent, les mots qui choquent, les mots qui dérangent la bonne vieille morale judéo-chrétienne mesquine et faux-cul. Ce sont des Escort-boys qu'elle évoque ici.  

Où que je sois, ils sont là,
Mes hommes.
Je n'ai qu'à tendre les bras,
En somme.
Je les regarde venir,
Fière de leur appartenir.
C'est beau de les voir sourire,
Mes hommes.
 
Et manifestement, des escorts-boys, elle en a un paquet. Et toujours présents pour la servir. Ca a du lui couter bonbon pour avoir un contrat d'exclusivité pénienne avec tous ces jeunes et beaux garçons qui renoncent ainsi à la chair tendre et parfumée des jeunes filles en fleur telles des nénuphars (... c'est-à-dire toujours humides).
 
Mais c'est également un beau cri d'espoir, un appel à la tolérance en même temps qu'un acte hautement féministe et symbolique. Depuis que l'homme marche debout et ne traine plus sa femelle par les cheveux (ah bon, ça se fait encore ?) le signe extérieur de richesse pour les puissants était bien évidemment d'avoir un harem, quel que fut le nom qui lui était donné suivants les civilisations. Désormais, une vieille peau, si elle a fait fortune en jouant sur le Nasdaq ou le Cac40, elle peut s'offrir le luxe d'avoir un "harem". Et donc ses concubins, elle les tient par les bourses. Vive l'égalité des sexes !!!

Moi qui suis fille des brumes,
En somme,
De la nuit et de la lune,
Tout comme,
Quand j'arrive, le teint clair,
Moi devant et eux derrière,
Je comprends bien que les gens
S'étonnent, s'étonnent
 
"Pose tes deux pieds, en canard, c'est la chenille qui redémarre ! "
Dans ce couplet, Barbara nous démontre qu'elle a plus de talent que tous les membres de la Bande à Basile réunis. Elle, c'est la fille des brumes, la fille de la fumée, Elle est donc la locomotive et toute la nuit sur son cul ("de la nuit et de la lune") s'arriment en guise de wagonnets ses amants pré-payés, eux derrière et elle devant. Ce sont des nuits entièrent de chenilles processionnaires et lubriques qu'elle fait vivre à ses mâles. 
Notons que c'est bien la bande à Basile qu'elle honore dans ce couplet. Au contraire, si à la place du "teint clair" elle avait dit "le teint sombre", elle se serait alors référée à Saga Africa.

Car, ils viennent de Tunisie,
Mes hommes,
Marseille, Toulon, le Midi,
Mes hommes.
Ils marchent avec insolence,
Un petit rien dans la hanche.
Ça ressemble à une danse,
Mes hommes.
 
C'est vrai qu'au prix que ça lui coute, ses petites fantaisies coïtales à répétition, elle a le droit d'avoir ses préférences, la dame. Alors voilà, ce qu'elle aime, c'est le Méditerrannéen, le Provencal. Le gars petit, brun, qui éructe bruyamment des effluves anisées lorsqu'on a la chance que ça ne sente pas la bouillabaisse de la veille, le gars qui porte un bob "Allez l'OM" et un marcel échancré duquel dépasse une toison d'orang-outang dans laquelle se sont perdues quelques cacahuètes de l'apéritif de la veille. Ou de l'avant-veille. Le gars qui lance la boule de la main droite et se gratte l'autre de la main gauche. The Mec, quoi !!!
 
Bon, voilà, c'est clair, je ne pourrai jamais être escort-boy....

Ils ne m'appellent pas Madame,
Mes hommes
Mais, tendrement, ils me nomment
Patronne.
Ils se soumettent à ma loi.
Je me soumets à leur loi.
Que c'est doux d'obéir
A mes hommes.
 
Attention, la bagatelle n'exclut pas les rapports hierarchiques entre employeur et employés ! On comprend bien qu'à la signature du contrat, l'escort doit se soumettre à la convention collective qui régit sa profession. Il se conforme à ses jours de RTT (Retrait car Trompes Tuméfiées), cotise à la CSG (Coït Sensuel & Galanterie), mais bénéficie d'un PEE  (Penis Enlargement Experiment, le roi du spam).

Ils se sont fait sentinelles,
Mes hommes.
Ils pourraient même être cruels,
Mes hommes.
Ils me veillent, comme moi
Je les veille quelquefois.
Moi pour eux, et eux pour moi,
Mes hommes.
 
L'appétit sexuel de la narratrice n'a pas de limite. Elle veut tous ses hommes en sentinelles, c'est à dire au garde-à-vous (je ne vous fais pas un dessin, c'est un blog mondain, ici). Elle se rêve assaillie de toute part par une horde de soldats, le mousquet chargé, la baïonnette à la main, prêts à en découdre par toutes ses coutures toute la nuit durant. Elle se voit lancinante sur la lance, arc-boutée sur l'arquebuse, fléchie sur la flèche, trombinée sur le tromblon, aller bas sur la hallebarde pour finir à velo sur le javelot.
"Si vis pacem, para bellum", comme disait Obélix.

Quand naissent les premières feuilles
D'automne,
Quand le chagrin se fait lourd,
Mes hommes,
Vont se mettre, sans un mot,
Debout autour du piano
Et me disent tendrement,
Patronne, patronne.
 
Mais la gaudriole ne suffit pas toujours à combler la déprime naissante sous le poids du temps qui passe et s'enfuit sans retenu. Comme ses seins désormais, sans retenu. Elle a beau aligner les biftons et les glisser à profusions dans les strings à paillettes de ses apollons épilés, elle sent bien qu'il existe un décalage entre elle sous le poids des ans et eux sous le poids du gland. Néanmoins, a partir de telles relations peuvent naître des sentiments réels, pas forcement ce qu'on peut appeler de l'amour mais une certaine forme de tendresse entre patron et employés, beaucoup plus en tout cas que ce que l'on peut voir en ce moment chez Heulliez ou Continental...
Pourtant, la métaphore reste grossière : Ils se retrouvent autour du piano... à queue.

C'est fou comme ils sont heureux,
Mes hommes,
Quand le son du piano noir
Résonne.
Ils vont faire leurs bagages
Et on reprend le voyage.
Faut qu'ils voient du paysage,
Mes hommes.
 
Et voilà, d'un coup, on rompt la poésie et on repart dans le cliché ethnique. Ah, le gros son du piano à queue noir qui met Madame en résonnance ovarienne, on comprend vite de quoi il s'agit ! Et je ne dis pas ça parce que je suis blanc et pas gâté par la nature...
 
Mais derrière cette légende urbaine et caleçonesque se cache un triste aveu. Oui, la prostitution, c'est une drogue pour celles qui la consomment. Elles ne se contentent plus de ce qu'elles peuvent trouver autour de chez elles, elles partent rechercher du Panguy-panguy en République Dominicaine, du jouet sexuel à Dakar ou de la poutre à Bamako. Et voilà comment les dérives du tourisme sexuel explosent... Et le problème du tourisme sexuel, c'est que ça fait prendre l'avion et donc ça a un cout énergétique énorme en équivalent-carbone.
 
Oui, le tourisme sexuel, c'est anti-écologique.
Et dans le Grenelle de l'environnement, ils auraient du prévoir de mettre des putes et des gigolos à pas cher en bas de chez nous.

Quand descend la nuit furtive,
Mes hommes.
A pas de loup, ils s'esquivent.
Personne....
 
En fait, la chanson, n'est pas terminée. Il reste encore 6 couplets !
 
Mais d'une part, je crois que j'ai atteint la limite décente du mauvais goût et en rajouter, ça ne serait pas mondain.
 
Et d'autre part, en résumé, ses hommes, quand elle dort, ils vont quand même se taper de la blonde, de la brune, de la rousse, de l'angora, de l'alezan doré, de la charolaise bicolore, le tout dans des orgies bestiales ou des fontaines de sperme et les torrents de sueur mélangée remplacent les pétalent de cerisier blanc qui volent au gré du vent sur les estampes japonaises.
 
Bref, c'est un peu cochon et je ne voudrais pas vous infliger ça. Vous venez ici pour la culture, pas pour la luxure, tout de même.
 
Donc je profite qu'à pas de loup, ils s'esquivent pour moi aussi m'esquiver avec tact.
Et puis j'ai du boulot, j'ai un contrat d'exclusivité à aller signer.
 
 
J'en profite au passage pour souhaiter
un bon anniversaire + 2 jours à Crevette.

17.02.2009

Guillaume, tiens ta femme !

  

A la fin du mois prochain, c’est le printemps. Passé l’équinoxe débute la saison du bourgeon qui turgesce et des œufs qui éclosent. Et malgré la volonté mercantile des commerçants de voir la terre entière le lécher mutuellement les amygdales le 14 février, la nature n’en a cure. La saint-Valentin, c’est commercial, le printemps, c’est hormonal. Et en attendant de voir le soleil réchauffer l’atmosphère, les jupes raccourcir jusqu’au Sphynx et les nombrils piercés s’afficher ostensiblement comme un comédon sur le bout de l’appendice nasal, la déferlante commerciale du 14 février s’est abattue sur le consommateur exsangue qui doit choisir entre honorer ses échéances d’emprunt immobilier et honorer sa femme sur un lit recouvert de pétales de roses baccara à 70€ la botte. Et ça le botte moyen, en fait.

 

 

sphynx1.jpg
Oui, un sphynx est un chat sans poil...
 
Sphynx2.jpg
Mais bébé, ça ressemble surtout à un Gremlins !
  

 

Pourtant, ça fait un bail que ça dure. 1500 ans, ou presque. Ca date de la fin de l’empire romain, lorsque celui-ci, converti au christianisme, à voulu remplacer par une fête chrétienne la fête païenne de Lupercalia qui célébrait le jour de la fécondité. Lors de cette fête se déroulait entre autres la Course des Luperques, une course au cours de laquelle des hommes à moitié nus poursuivaient des femmes à moitié nues et les frappaient avec des lanières de peau de bouc. Ces coups de lanières devaient assurer aux femmes la fécondité et une grossesse heureuse… Pour plus de précisions, Zette est une experte en lanière de bouc et autres rites utiles à la société.

 

Alors en toute franchise, courir derrière des femmes nues et les fouetter avec des lanières de bouc, je pense que ça m’aurait amusé un temps. Par contre, enchainer les magasins pour acheter des chocolats en forme de cœur, un pendentif en forme de cœur, un gâteau en forme de cœur, une bougie en forme de cœur tout ça dans le seul espoir de lui faire avaler un truc en forme de … bite une fois dans l’intimité, ça me casse l’élan romantique.

 

D’ailleurs, je ne suis pas le seul. En tant que digne et couillu représentant de la masculinité mondiale, j’ai reçu environ 2.790.000.000 mails sur le sujet (oui, le calcul est simple : 6 milliards d’habitants dont la moitié d’hommes, et je retire les 7% d’homosexuels estimés). Tous, donc, sont ulcérés de ces obligations faussement galantes et réellement mercantiles.

D’ailleurs, en parlant de nanas qui nous les brisent menus avec leurs rêves de gamines de prince charmant à deux balles, il y en a une qui est la reine. J’ai nommé Diane Tell et sa fameuse chanson « Si j’étais un homme »

 

(Normalement, c’est là que s’éclaire pour tous le titre complètement bidon de cet article)

 

diane-tell.jpg
Diane TELL, la femme de Guillaume...
 

 

Et donc, au nom de tous les hommes écrasés sous les revendications pseudo-romantico-feministes de notre amie quebéquoise, je me propose de faire une réponse à la chanson.

  

 

Moi, si j'étais un homme, je serais capitaine
D'un bateau vert et blanc,

 

Et voilà, c’est parti, ça commence fort, on plonge illico dans le cliché ! Tout de suite, on vante le prestige de l’uniforme. Pompiers, marins, légionnaires, manifestement, vous seuls avez droits à la copulation in utero. Nous autres, les costumes / cravates, les jeans / baskets, les tongs / chemises à fleurs, nous ne devrions pas avoir accès aux plaisirs autres que le coïtus in mano a mano ?

Pourtant, dans un certain nombre de chefs d’œuvre du 7ème art crypté, j’ai vu par exemple des plombiers dépêchés pour un problème de tuyauterie chez une ménagère de moins de 25 ans et se retrouver la salopette au cheville avant d’atteindre l’évier. Comme quoi ça arrive dans la vraie vie. (non, une salopette n’est pas une petite salope.)

 

Ensuite, on attaque sur le bateau « vert et blanc »… Plutôt étrange, comme couleur pour un bateau. C’est quoi ? Un chou-fleur qui flotte, peut-être ?

Moi, le truc vert et blanc que je vois parfois dans l’eau, c’est une spontex avec face grattante. Alors Diane, tu arrêtes tes conneries et tu termines la vaisselle, SVP !

 

 

D'une élégance rare et plus fort que l'ébène

Pour les trop mauvais temps.

 

Et voilà, on attaque le cliché racial ! Le fameux « bateau plus fort que l’ébène »… Madame veut du grand mat africain, c’est ça ?

… Et si elle va à une partouze avec des européens, elle dit quoi ? « c’est un fameux trois-mâts fin comme un oiseau » ?

Hissé-ôôÔÔÔ !!!



Je t'emmènerais en voyage
Voir les plus beaux pays du monde.

 

Je t’ai offert l’an dernier un abonnement à canal satellite avec Planète, Voyage et Ushuaïa TV, ça ne te suffit pas ?

Et puis je te rappelle qu’on a les fleurs de la voisine à arroser, mamie à aller voir à l’hospice, un bon de réduction Auchan à utiliser avant la fin du mois et un cycle De Funès qui va commencer sur ARTE-pour-les-cons (RTL, quoi). Alors les grands projets, on va attendre un peu si tu veux bien.



Je te ferais l'amour sur la plage
En savourant chaque seconde
Où mon corps engourdi s'enflamme
Jusqu'à s'endormir dans tes bras,

 

Alors là je rigole !

Toi qui refuses jusqu’à me faire une petite gâterie en voiture sur l’autoroute sous prétexte que des gens pourraient nous voir, là, subitement, tu as envie que je te prenne comme une bête entre le stand à chichis et les trampolines du Club-Mickey ? Et je devrai dire quoi pour l’ambiance romantique ? « Il est gros et il est chaud mon churros », c’est ça ?

 

Par contre, pour s’endormir après l’amour, je ne sais pas ce que tu attends de moi parce que franchement, j’y arrive très bien à chaque fois…



Mais je suis femme et, quand on est femme,
On ne dit pas ces choses-là.

Mais attention, je ne t’empêche pas de parler ! Juste, si tu pouvais attendre la mi-temps avant de me casser les pieds avec tes futilités…



Je t'offrirais de beaux bijoux,
Des fleurs pour ton appartement,
Des parfums à vous rendre fou

 

Là, ce ne sont pas les parfums qui me rendent fou, c’est l’attaque au karcher que tu fais sur mon compte en banque !

Et puis le coté bling-bling, ce n’est pas mon truc…

 

100 balles et un Mars, ça ne te suffit pas ? Bon, un Mars light parce que à ton âge, la cellulite, ça s’en va et ça revient mais franchement, ça revient plus vite que ça ne s’en va.

…Et non, promis, quand je t’appelle affectueusement « Tropicana », ça n’a rien à voir avec le phénomène peau d’orange. C’est juste parce que c’est exotique. C’est comme si je t’appelais « Vahiné »…

oui, Vahiné, c’est gonflé, aussi….

 


Et, juste à côté de Milan,
Dans une ville qu'on appelle Bergame,
Je te ferais construire une villa,

 

Alors là, par contre, tu me fais plaisir. Enfin des goûts simples. Ce n’est pas Milan, c’est la banlieue de Milan.

Par contre, tu sais, les banlieues sont les mêmes partout alors tant qu’à faire, un pavillon à Melun-Sud, c’est tout aussi bien. Et tu pourras même y aller avec ton Pass Navigo.

 


Mais je suis femme et, quand on est femme,
On n'achète pas ces choses-là.


C’est sur que vu ce que tu as claqué en gloss, mascara, rimmel, eye-liner, fond de teint, fard à paupières et rouge à lèvres le mois dernier, il ne doit pas te rester bézef’ sur ton argent de poche.

Non, non, non, c’est un peu facile de dire que c’est pour ME faire plaisir !!! tu sais, moi, l’expressionnisme allemand, bof… alors le visage trempé dans un pot de ripolin arc-en-ciel, ça ne m’excite pas plus que ça.

 


Il faut dire que les temps ont changé.
De nos jours, c'est chacun pour soi.
Ces histoires d'amour démodées
N'arrivent qu'au cinéma.

On devient économe.

 

Oui, les temps ont changé…. Tu as pris dix ans, ma chérie. Et dix kilos….

Et tes menstruations durent manifestement dix jours, désormais…

Et pour les grandes histoires dont tu rêves, ce n’est même plus au cinéma que ça arrive. Il n’y a que dans les Feux de l’Amour que l’on peut encore voir ça…



C'est dommage : moi j'aurais bien aimé
Un peu plus d'humour et de tendresse.

 

Mais là tu exagères ! je t’ai offert un pull en cachemire et le DVD de « Bienvenu chez les Ch’tis », si ce n’est pas de l’humour et de la tendresse, je ne sais pas ce qu’il te faut !



Si les hommes n'étaient pas si pressés
De prendre maîtresse...
Ah ! si j'étais un homme !

 

Ah non, tu ne vas pas remettre tes crises de paranoïa sur le tapis !

Ce n’est pas de ma faute si ma secrétaire cherchait son stylo sous mon bureau pile quand tu es rentrée, si la baby-sitter changeait son chemisier tâché pile quand tu es rentrée, si ma vieille copine a fait tomber une petite culotte de sa poche pile quand tu es rentrée et si la voisine a sonné nue à notre porte pile quand tu es sortie !



Je t'appellerais tous les jours
Rien que pour entendre ta voix.
Je t'appellerais "mon amour",
Insisterais pour qu'on se voie

 

Alors là, je ne connais pas une seule femme capable de supporter ce traitement d’amoureux transi plus d’une semaine. Ce n’est plus de l’amour, c’est harcèlement moral !

Et puis je t’envoie des smileys de temps en temps, c’est pareil, non ?

Et je t’appelle quand même tous les jours, non ? OK, pour savoir ce qu’on mange, mais c’est tout de même une délicate attention, je trouve.



Et t'inventerais un programme
À l'allure d'un soir de gala,

 

Depuis que tu as refusé de m’accompagné à PSG – Marseille alors que je m’étais démené pour nous trouver deux belles places, tu peux rêver pour que je t’organise de belles soirées ! On aurait vu un bon match, on aurait déguster une belle cassolette de moules chez Leon de Bruxelles, mais non, Madame veut de l’Opéra alors qu’elle ne parle même pas le macaroni lyrique !

 

 
Mais je suis femme et, quand on est femme,
Ces choses-là ne se font pas.

 Ah ! si j'étais un homme,
Je serais romantique...

 

…Mais JE SUIS ROMANTIQUE !!!

C’est juste qu’on a pas la même notion du romantisme entre homme et femmes, c’est tout. Mais non, ne pleure pas, viens dans mes bras… mais oui je t’aime… et toi maman, tu ne voudrais pas un peu du sucre d’orge à papa ?…

  

  

 

La semaine prochaine, ça reste un mystère.

Même pour moi...

 

Mais sinon, je suis vraiment romantique !

Si, j'ai même un sac plastique "Interflora".

 

  

20.01.2009

Mon hamster se damne !

  

Ici, enfin un endroit où l'on ne suivra pas en direct l'Investure de Barack Obama !
 
Non, ici, aujourd'hui on va parler musique et chanson. Bon, chez Obama aussi, il y a eu de la musique, hier, un grand concert. D'ailleurs, pour l'évènement, il a eu Springsteen, Bono, Stevie Wonder et Beyoncé. Alors que d'autres ont eu Barbelivien, Faudel et Mireille Mathieu. Chacun son standing....
 
 
beyonce-mireille.JPG
Beyonce ou Mireille : élire, c'est choisir !
 
Pour moi, toute la musique que j'aime, elle vient de là, elle vient de partout, elle vient d'où elle veut. Enfin, de préférence d'une scène, d'une bonne paire d'enceinte, voire d'un baladeur, plutôt que de la salle de bain de mon voisin qui se se paluche sous la douche en fredonnant du Mylène Farmer ( "Puisque sans contrefaçon, je suis un garçon... Oh Ouiiiiiiiii !"). Oui, la musique elle s'en va et elle revient comme elle veut, elle est faite de tous petits riens mais les paroles, moi, j'aime bien qu'elles arrivent quelques part. Bref, que ça veuille dire quelque chose.
 
Bon, je parle de la musique dite moderne parce que dans la musique classique, les Mozart, Brahms & Co, ils n'avaient pas besoin de mots pour retransmettre des émotions. Vivaldi, il arrivait même à nous expliquer la météo et les normales saisonnières sans aucune parole. Vivaldi, c'est le Evelyne Déhliat du 18ème siècle.
 
Et je parlerai ici plus spécialement de la musique française. Non pas que je dénigre la variété anglo-saxonne comme si je n'y comprenais rien, non, je suis parfaitement bilingue. Où tout du moins assez bilingue pour comprendre les nuances des plus grands auteurs Anglais, que ce soit les Beatles avec leurs mots d'amour très recherchés (She loves you, yeah, yeah, yeah !), les Rolling Stones et leur hymne à la frigidité (I can't get no Satisfaction) ou encore Pink Floyd et son hymne de manifestation lycéenne anti-Darcos (We dont' need no education, we just want être des maçons and mettre d'autres briques dans the wall).
 
Chez nous, en terre francophone (j'élargis exprès pour que Ad ne se sente pas exclue) on a des artistes qui savent faire des phrases, qui savent mettre cote à cote des mots qui ensemble donnent du sens. Des auteurs, quoi. Mais comme certains vont jusqu'à se torturer le cerveau pour écrire des trucs tellement alambiqués que le sens reste finalement abscons, je vais tâcher ici, de temps en temps, de déchiffrer quelques textes célèbres de la chanson française.
 
Et pour commencer à étudier les auteurs français, mon premier exemple sera... Un Belge !
 
Puisque je parle d'auteur, ce ne sera pas Lio ni Plastic Bertrand. Attaquons-nous tout de suite au plus grand : Jacques Brel.
Et donc un de ses plus grands succès : Amsterdam.
 
photo_brel.jpg
Ainsi font, font, font, les petites marionnettes...
 
 
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui chantent
Les rêves qui les hantent
Au large d'Amsterdam
 
Dès le premier quatrain, l'auteur pose le décor. Les marins, catégorie socio-professionnelle issue d'une couche de la population plutôt populaire, passent leurs journées à chanter et à rêver. Bref, à glander. On comprend en quelques mots que cette chanson est un pamphlet capitaliste sur la mauvaise productivité de la classe ouvrière.
 

Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui dorment
Comme des oriflammes
Le long des berges mornes
 
Ce quatrain a été modifié suite à la censure qui a frappé le texte à sa sortie : En effet, à l'origine il se terminait par "le long des Belges mortes", ce qui a tout de même plus de sens que "berges mornes" qui est juste là pour la sonorité. Oui, les marins sont nécrophiles. Ils couchent avec des belges mortes, la connotation sexuelle du terme "oriflamme" n'ayant échappé à personne, même à un jeune de banlieue qui dit plus fréquemment "j'vais te foutre le feu à ton orifice".
 

Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui meurent
Pleins de bière et de drames
Aux premières lueurs
 
On aborde la première thèse, une première explication de ce qui est énoncé plus haut. Pourquoi le marin préfère-t-il s'accoupler avec des Belges mortes ? car il est épris de boisson et lui qui rêve d'un phallus crachant des flamme voit juste des lueurs. Il vit un véritable drame et préfère occire sa partenaire plutôt que de subir ses railleries. c'est un phénomène classique de dépression découlant de problèmes de virilité ou de pannes sexuelles.
 
 
Mais dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs océanes
 
Un soupçon d'espoir ressort de cette strophe si on sait interpréter les mots : "océane", ça évoque les embruns, donc "la chaleur épaisse des embruns" symbolise clairement un éjaculat visqueux. L'expression associé au terme "langueur" montre tout aussi clairement que le marin alcoolique est un petit gicleur.
Et pourtant il enfante ! dans la douleur, manifestement, mais ça marche. Brel veut dire à tous qu'il faut y aller, sur un malentendu, ça peut marcher.
 

Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui mangent
Sur des nappes trop blanches
Des poissons ruisselants
 
L'auteur enchaîne ici sur l'espoir né précédemment : les nappes trop blanches symbolise la robe de mariée et les poissons ruisselants sont évidemment des morues bien grasses. Oui, le marin peut fonder un foyer avec une femme, même si les canons de la beauté ne doivent pas être un critère.
 

Ils vous montrent des dents
A croquer la fortune
A décroisser la lune
A bouffer des haubans
 
Ici, pour échapper à une autre censure, Brel va évoquer la nuit de noce par allégorie. Le marin "montre les dents", c'est qu'il commence par mordiller les tétons, ensuite, "la fortune", c'est la toison d'or, on continue donc par un broute-minou, "la lune" représente les fesses, on conclue que l'action se poursuit par un anulingus et finalement, "les haubans", ces cordages qui retiennent les voiles au mats des bateaux signifient que le marin finira avec des poils de cul plein les dents.
 

Et ça sent la morue
Jusque dans le cœur des frites
Que leurs grosses mains invitent
A revenir en plus
 
ce quatrain est subitement plus explicite pour permettre une lecture plus primaire aux auditeurs les moins perspicaces. Les morues évoquées ci-dessus sont nommément citées, la "frite" a bien sur une signification phallique et l'allitération en R évoque une action grasse, un peu cochonne.
  
 
Puis se lèvent en riant
Dans un bruit de tempête
Referment leur braguette
Et sortent en rotant

 On continue l'allitération en R, le terme de "braguette" scelle définitivement toute ambiguïté mais le dernier mot ramène au mal dont souffre les marins. La boisson. Ils boivent trop de bières donc ils rotent. C'est un peu dégueu, quand même.
 

Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui dansent
En se frottant la panse
Sur la panse des femmes
 
Autant, sur les 4 strophes précédentes, Bref utilise un champ lexical tiré du monde culinaire pour décrire l'acte du coït, autant, il fait ici presque le contraire.
Il faut savoir qu'à Amsterdam, on ne danse pas le Zouk-love en paréo. Non, on ne se frotte pas panse contre panse en écoutant la Lambada. la "panse des femmes", c'est tout simplement de la panse de brebis farcie, plat traditionnel du nord de l'Europe.
 

Et ils tournent et ils dansent
Comme des soleils crachés
Dans le son déchiré
D'un accordéon rance
 
"L'accordéon", c'est la peau de la panse de brebis, matière cahoutchouteuse et dure à déchirer. En essayant de la couper, on fait gicler de la sauce sur la table, ce qui fait des petites tâches rondes, "comme des soleils crachés"
 

Ils se tordent le cou
Pour mieux s'entendre rire
Jusqu'à ce que tout à coup
L'accordéon expire
 
Comme les 4 vers précédents. C'est une technique de narration de répétition qui symbolise la difficulté de la tâche en cours. Quiconque a déjà mangé de la panse de brebis farcie voit de quoi je parle.
 

Alors le geste grave
Alors le regard fier
Ils ramènent leur batave
Jusqu'en pleine lumière
 
Sur ce passage, l'auteur utilise une figure de style appelée néologisme par contraction pour rester sur un ton poétique. La "batave", c'est de la batavia. c'est à dire les trois feuilles de salade en décoration sur le bord de l'assiette. Mais pour la rive, il contracte en batave.Il faut comprendre qu'après s'être battu avec sa panse de brebis, le marin en a foutu partout. mais à la fin, il remet les feuilles de salade au centre de son assiette blanche, "en pleine lumière".
 

Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui boivent
Et qui boivent et reboivent
Et qui reboivent encore
 
C'est sur ce couplet, le moins réussi du texte, que l'auteur montre ses limites en tant que poète. en effet, il souhaite utiliser l'assonance en "OI" pour faire passer l'idée du flou, de l'esprit qui se noit, des sens aux abois, des tremblements des doigts, de la cirrhose du foie. Mais à court d'idée, il ne fait qu'utiliser le même mots 4 fois, sans même réussir à inclure un quelconque comique de répétition.
 

Ils boivent à la santé
Des putains d'Amsterdam
De Hambourg ou d'ailleurs
Enfin ils boivent aux dames
 
A partir de là la diatribe va se faire plus mesquine car sous-jacente sous des critères de valeurs qui n'apparaitront qu'ensuite.
Une fois le mot "putain" lâché, c'est tout de suite la luxure qui est en filigramme. La luxure dans laquelle se complait le marin avec "une femme dans chaque port" comme disent l'adage populaire et Hillary clinton.
 
 
Qui leur donnent leur joli corps
Qui leur donnent leur vertu
Pour une pièce en or
Et quand ils ont bien bu
 
Se plantent le nez au ciel
Se mouchent dans les étoiles
Et ils pissent comme je pleure
Sur les femmes infidèles
 
Dans le troisième couplet, même si j'ai commencé par les séparer, il faut percevoir les différentes strophes comme un ensemble.
On va vu que le texte évoque la luxure au début.
"leur joli corps" évoque l'envie que suscite chez le marin en rut la donzelle langoureusement assise sur une bitte d'amarrage.
mais le marin est prêt à donner "une pièce en or", pas plus, pour s'offrir les charmes de la gourgandine. Quel avarice !
Et la boisson dont se délecte avec gourmandise le marin est à nouveau évoquée.
 
L'auteur continue ses images d'Epinal :
Le marin "se plante le nez au ciel", bref, il bulle en regardant le plafond avec paresse.
Puis le marin "se mouche dans les étoiles", quel orgueil de se croire si grand, l'égal d'un dieu !
Et finalement, le marin exprime sa frustation et donc sa colère en "pissant sur les femmes infidèles". ce qui, entre nous, n'est guère courtois ni galant même si l'épouse en question l'a sur-aigu, le feu au cul. Un contemporain de Brel, dans le même cas, refusera d'en parler au café-concert même si sa femme aime à se coucher nue, sous le premier venu. Deux visions de la réprimande de la marie-couche-toi-là s'affronteront dans les charts...
 
Mais concluons sur notre sujet : tout le dernier couplet éclaire l'introduction : Paresse, Orgueil, Gourmandise, Luxure, Avarice, Colère, Envie : Ce sont des 7 pêchés capitaux que se voient incriminés les marins par l'auteur. C'est donc un jugement empli de morale judéo-chrétienne, un jugement de petit bourgeois qui villipende la classe ouvrière dans son ensemble en s'attaquant à son corps de métier le plus corporatiste, les marins. Notons que Brel aimant à partir en vacances en Provence où en Polynésie, il a pris soin de ne pas s'attirer directement les foudre des agents de la SNCF ou des syndicats d'Hotêsses de l'air, ces dernières déjà fort remontées par un brûlot de Jacques Dutronc sur la nymphomanie des hôtesses. 
 
 
Dans le port d'Amsterdam
Dans le port d'Amsterdam.
 
Ainsi se conclut le texte. Pour éviter tout problème, on délocalise le problème (c'est à la mode...).
Ce n'est pas chez lui, c'est chez les autres, là-bas, chez les Néerlandais, dans la ville de tous les vices. Mais qui est dupe ?
 
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Nous reviendrons le mois prochain sur l'analyse de texte d'un classique de notre patrimoine musical. Je ne sais pas encore lequel mais si vous souhaitez une chanson en particulier, n'hésitez pas à le demander.
 
 
La semaine prochaine, nous reprendrons le chemin de l'école.
Les cours d'histoire vont reprendre.